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Un savon surgras convient aux peaux sèches : lire le taux, pas la promesse

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Un savon surgras ne mousse pas comme un savon classique, et c’est justement ce qui le rend plus doux : une partie du corps gras utilisé lors de la fabrication n’est volontairement pas transformée en savon, et reste présente dans le produit fini.

Ce que change le surgraissage

La saponification transforme normalement la totalité des corps gras en savon sous l’action d’une base. Un savon surgras est fabriqué avec un excès volontaire de corps gras, entre cinq et dix pour cent selon les recettes, qui ne réagit pas et reste présent dans le savon final. Ce surplus dépose un léger film protecteur sur la peau au moment du lavage, ce qui limite la sensation de tiraillement que provoque un savon classique sur une peau déjà sèche et fragilisée.

Le taux de surgraissage, quand il est indiqué sur l’emballage, donne une information plus fiable que la mention « doux » ou « surgras » seule, qui n’est pas encadrée par une définition officielle et peut recouvrir des taux très différents d’un fabricant à l’autre selon la recette utilisée.

Le savon de Marseille, un repère historique à lire de près

Le savon de Marseille traditionnel, fabriqué à base d’huiles végétales saponifiées, n’est pas surgras par nature : sa recette historique vise une saponification complète, sans excès de corps gras. Un savon vendu sous ce nom peut donc très bien ne pas convenir à une peau sèche, malgré une réputation générale de douceur qui tient surtout à l’absence de parfum et de colorant dans la recette d’origine.

La liste des ingrédients reste, ici aussi, le seul repère fiable : un vrai savon de Marseille ne contient que des corps gras saponifiés, de l’eau et éventuellement du sel, sans les additifs qui composent certains savons vendus sous une appellation proche mais issus d’une fabrication bien différente.

Saponification à froid, un procédé qui préserve le surgraissage

Un savon fabriqué par saponification à froid, à basse température, conserve mieux les qualités des corps gras et des actifs éventuellement ajoutés qu’un savon fabriqué à chaud, où la chaleur dégrade une partie de ces composés fragiles. Ce procédé plus lent explique aussi pourquoi ces savons doivent sécher plusieurs semaines avant d’être utilisés, une étape appelée cure, indispensable à leur bonne tenue et à leur douceur finale.

Un savon saponifié à chaud, plus rapide à produire, convient très bien à un usage courant mais atteint rarement les mêmes taux de surgraissage qu’un savon à froid, plus artisanal dans sa fabrication. Cette différence de procédé, rarement indiquée en grande surface, se retrouve plus facilement sur l’emballage des savons vendus en circuit court ou en savonnerie.

Peaux sensibles, ce qu’il faut vérifier en plus

Un savon surgras convient généralement bien aux peaux sensibles, mais le parfum ajouté peut annuler ce bénéfice chez une peau réactive, quelle que soit la douceur du taux de surgraissage affiché sur l’étiquette. Une peau très sensible se porte souvent mieux avec un savon surgras sans parfum ni colorant, quitte à perdre l’aspect le plus vendeur du produit en rayon.

Le pH d’un savon surgras reste proche de celui d’un savon classique, ce qui ne le rend pas automatiquement adapté à une peau du visage, plus fine que celle du corps : un savon surgras pour le corps peut très bien assécher un visage sujet aux rougeurs, un point à distinguer du savon noir utilisé plutôt pour l’entretien de la maison que pour la toilette, que nous détaillons dans notre rubrique Maison & Famille. La composition exacte, consultable via la fiche Wikipédia du savon de Marseille, reste le meilleur point de départ avant tout achat en boutique.


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