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25 novembre 2014 2 25 /11 /novembre /2014 11:07

parenthese-provence-logo-.jpg

Local : Parenthèse Provence, un groupe de parole Var (Brignoles) 
Un groupe de parole s'adresse autant à celles et ceux qui sont touchés par la maladie, les patients, qu'aux personnes qui les entourent (les "aidants" en langage psy).
 

 

Bienvenue sur le site de Parenthèse Provence !

http://groupedeparole83.canalblog.com

Parenthèse Provence est une association loi 1901 qui regroupe des psychologues diplômés, médecins, psychothérapeutes, membres de la société civile (voir "Qui sommes-nous ?"), convaincus de la nécessité de soutenir les hommes et les femmes qui, comme vous, sont touchés par la maladie longue, invalidante, chronique, dégénérative, personnellement ou au niveau familial (cancers, Alzheimer, Parkinson, SLA, AVC, etc.Voir la liste non exhaustive). 

Que ce soit au moment du diagnostic, pendant les soins et jusqu'à la phase de rémission, ou après, nous vous proposons de parler de ce que vous vivez, de se rencontrer autour de thèmes, de réflexions.

Partager son expérience permet d'atténuer le sentiment de solitude de celles et ceux qui le vivent - toujours plus nombreux - où qui l'ont vécu. Nous vous invitons à nous joindre (voir "Nous joindre ?") pour en savoir plus. Pour mieux comprendre comment se déroulent les séances du groupe de parole, cliquez ici, "Présentation"

 

PROCHAINES REUNIONS :

 

► Samedi 13 DECEMBRE 2014 de 10H30 à 12H00 à NEOULES (83136) - "Thé patient" (groupe de parole pour les patients) - EN SAVOIR + CLIQUEZ ICI

http://groupedeparole83.canalblog.com/pages/reunion-parenthese-provence---groupe-de-parole-var---samedi-13-decembre-2014-de-10-h-30-a-12-h----the-patient-/30787131.html

► Samedi 17 janvier 2015 de 10H30 à 12H00 à Seillons Source d'Argens (83470) - "Thé aidant" (groupe de parole pour les aidants) - EN SAVOIR + CLIQUEZ ICI

http://groupedeparole83.canalblog.com/pages/reunion-parenthese-provence---groupe-de-parole-var---samedi-17-janvier-2015----the-aidant-/30787090.html

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11 mars 2010 4 11 /03 /mars /2010 14:09

Emission jusqu'où va la télé.jpg
« Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants » - Article 5 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme - signée par 58 pays dans le cadre des Nations Unies (ONU) le 10 décembre 1948, déclarant la torture illégale.

Seriez-vous un tortionnaire ? Telle est la question ! Seriez-vous un tortionnaire si l'on vous délivrait de toute la responsabilité de vos actes et qu'une "autorité" vous en intimait l'ordre ?

L'expérience mise au point par Stanley Milgram entre 1960 et 1963 à l'Université de Yale aux Etats-Unis permet hélas de répondre par l'affirmative : 62% des participants électrocutant à mort le sujet de l'expérience...Cela fait froid dans le dos. Wikipédia raconte :

"L'objectif réel de l'expérience de Milgram est de mesurer le niveau d'obéissance à un ordre même contraire à la morale de celui qui l'exécute. Des sujets acceptent de participer, sous l'autorité d'une personne supposée compétente, à une expérience d'apprentissage où il leur sera demandé d'appliquer des traitements cruels (décharges électriques) à des tiers sans autre raison que de « vérifier les capacités d'apprentissage »".

L'université Yale à New Haven faisait paraître des annonces dans un journal local pour recruter les sujets d'une expérience sur l'apprentissage. La participation devait durer une heure et était rémunérée 4 dollars américains, plus 0,5 $ pour les frais de déplacement, ce qui représentait à l'époque une bonne affaire (le revenu hebdomadaire moyen en 1960 étant de 25 $)[réf. nécessaire]. L'expérience était présentée comme l'étude scientifique de l'efficacité de la punition (ici, par des décharges électriques) sur la mémorisation."
L'élève doit mémoriser et répèter une suite de mot/ A la moindre erreur une décharge életrique lui ait envoyée. Celle-ci augmente à chaque erreur...

Quelle l'actualité de ce thème ? Voyez plutôt :
JUSQUOUVALATELE_208559.jpg

Le jeudi 17 mars, France 2 a diffusé un documentaire qui doit nous interpeler. En avril 2009, 80 candidats se sont succédé pendant dix jours, croyant participer à un jeu télévisé appelé pour l’occasion « la zone Xtrême ». Assis derrière un pupitre, chaque candidat devait
Crédit photo © Christophe Russeil / France 2)      interroger une  personne sur une liste d’associations de mots à mémoriser. A chaque erreur, le candidat était invité à administrer une décharge électrique de plus en plus forte. Evidemment, le supplicié n’était autre qu’un acteur qui simulait la douleur mais le candidat l’ignore.

Extraits de "Zone Xtreme", le faux jeu de France 2, animé pr Tania Young :




Dans le film "I, comme Icare", l'expérience de Milgram est reproduite :


Expérience de Milgram-Soumission à l'autorité (I comme Icar)

RESULTATS COMPLETS DE L'EXPERIENCE :
L'article de Wikipédia décrit le dispositif expériemental et indique les résultats de l'expérience en introduisant dans variations dans la situation. Inutile de paraphraser wiki : lire l'article (nouvelle fenêtre).

Quand des étudiants devenus "gardiens de prison" le temps d'une expérience  deviennent des tortionnaires...

Un thème connexe
CONFORMISME ET SOUMISSION
Les effets de groupe :

comportement humain l'expérience de Stanford
 

La Déclaration universelle des droits de l'homme, adoptée le 10 décembre 1948 par l'ONU par 58 pays signataires, est le premier texte international à déclarer illégale la torture, dans son article 5 : « Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants »

 QUI EST STANLEY MILGRAM ?  (wikipedia dixit) : Il obtient son diplôme de science politique au Queens College de New York en 1954. Il s'est inscrit à l'université Harvard pour rédiger une thèse en psychologie sociale, demande qui lui a été initialement refusée à cause d'un manque d'études en psychologie. Il fut accepté en 1954 après avoir suivi six cours de psychologie, et obtint finalement sa thèse en 1960. Son mentor à Harvard fut le psychologue Solomon Asch.

Par la suite, il travaille surtout à l'université Yale, où il fera ses découvertes majeures.

C'est de 1960 à 1963 que Milgram mène une série d'expériences, avec plusieurs variantes, visant à estimer à quel point un individu peut se plier aux ordres d'une autorité qu'il accepte, mais qui entre en contradiction avec sa conscience. En 1962, l'American Psychological Association suspend son adhésion à cause de questions concernant l'éthique de ses expériences. Les résultats surprenants et assez inquiétants, mais aussi la méthode, ont provoqué de nombreux remous au sein de la communauté des psychologues et de l'opinion publique.

En 1967, Milgram reprend une idée développée en 1929 par Frigyes Karinthy : la théorie des six degrés de séparation. Milgram essaie de démontrer que tout être humain peut assez facilement être relié à un autre par une chaîne de relations sociales : il s'agit de l'expérience du petit monde.

En 1974, Milgram publie Obedience to Authority.

Il est décédé à New York d'une crise cardiaque à l'âge de 51 ans.

Ci-dessous les articles les plus récents. A cliquer :  "Pourriez-vous devenir un tortionnaire  - Expérience de Milgram" - "Tout comprendre sur le nouveau code-barres QR 2D" - "Pourquoi les racines de Mandragore ont une forme humaine" - "Connaître les grains de genièvre" - "Quel est votre reptile rôti préféré ? Dinde ou poulet" - "La peste et le vignaigres des quatre voleurs" - "Le fameux discours du chef indien Seattle" sans oublier " Les oeufs centenaires" - trouver des MORILLES !"  Et votre hit-parade du site en AVRIL 2010 !

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22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 18:36

 

meteorite2-40f5fCe soir, à la télévision, est diffusé un reportage concernant une annonce d'apocalypse pour le 21 décembre 2012, reportage nommé « Les survivants de 2012 ». Sur les bases – ô combien fumeuses - de l'antique calendrier maya, des prédictions chinoises et d'autres études ésotériques, un grand cataclysme planétaire est annoncé. Des petits groupes, en Belgique, en Espagne, ou au Brésil, se préparent à survivre en construisant des abris secrets...

C'est l'occasion de parler d'un ressort psychologique peut connu : la « dissonance cognitive » et son corolaire « la réduction de la dissonance cognitive ».

En 2012, tous les « croyants » de l'apocalypse annoncée seront-ils déçus ? Eh bien non. Nous verrons pourquoi plus avant.

 apocalypse-Durer Revelation Four Riders

Qu'est-ce que la dissonance cognitive ?

Une expérience de psycho-sociologie simple permet de tout comprendre. Sur des campus universitaires, trois groupes d'étudiants ont été constitués, à la suite de publicités :

 

1er groupe : il est annoncé par voie d'affiches qu'un film sur la sexualité – gratuit – qui sera diffusé dans l'amphithéâtre du campus le soir même à 21H00. En résumé : ça parle de sexe, c'est gratuit et c'est sur place.

 

2eme groupe : il est annoncé par voie d'affiche, qu'un film sur la sexualité – entrée gratuite – sera diffusé à 10 km du campus. Donc gratuit mais éloigné.

 

3ème groupe : l'annonce indique qu'un film sur la sexualité sera diffusé à  dix km de là et que l'entrée sera payante (style 5 euros). Donc payant et éloigné.

 

Dans les trois cas, un film sur la sexualité...des vers de terre (authentique) est diffusé. Film scientifique assez médiocre.

Dans les trois cas, les étudiants sont interrogés à la sortie du cinéma.

Que vont-ils donc bien dire ?

Le premier groupe (celui qui n'a rien dépensé et n'a pas eu à se déplacer) juge à 99% que le film était d'une totale nullité.

Le deuxième groupe (celui qui s'est déplacé, mais n'a rien payé) juge à 75% des opinions que le film était mauvais mais que quelques images étaient intéressantes.

Le troisième groupe (qui a payé et s'est déplacé) juge plutôt positivement ce film !

Les étudiants ne sont pas différents (groupes homogènes) et sont de la même université. Comment se fait-il que leurs opinions divergent ?

La tendance de l'esprit (sphère cognitive) est que le résultat d'une action soit en concordance avec les attentes qui précèdent l'action. Le cerveau aime la cohérence. Il rejette l'incohérence ou dissonance.

Le premier groupe n'a pas été déçu : il n'a eu à faire aucun effort pour se rendre sur place et n'a rien payé. Il juge donc assez objectivement le film. Seul le traité du sujet annoncé peut-il le décevoir. Il n'en va pas de même pour le second groupe, qui lui, a « investi » du temps. Il y a effort. Le film est donc décevant par rapport à l'effort consenti.

Dans le troisième groupe, il y a un fort investissement psychologique : il y a des attentes sur le sujet, il y a dépense de temps pour se rendre sur place et qui plus est il y a dépense d'argent. Les attentes sont donc fortes. La déception n'en est donc que plus grande.

On dit qu'il y a une forte dissonance cognitive pour les groupes 2 et 3.

Le cerveau va automatiquement tenter de réduire la dissonance cognitive ou différence entre l'investissement psychologique et le résultat de l'action. Pour cela il va faire glisser son opinion dans le sens de l'action accomplie. C'est le processus dit de « réduction de la dissonance cognitive ».

 

Il y a partiellement perte d'objectivité quand il y a dissonance cognitive. Le jugement est altéré par la quasi nécessité que l'action accomplie ne déçoive pas les attentes. Comme il n'est pas possible de modifier ce qui s'est passé, le cerveau modifie son opinion sur ce qui s'est passé.

Ce besoin de cohérence qu'a le cerveau peut s'exprimer dans tous les domaines.

Les spécialistes de la docimologie - l'étude des notes à l'école - ont fait des constatations du même ordre : il suffit qu'on annonce à des enseignants que les devoirs qu'ils ont à corriger émanent de très bons élèves pour qu'ils ne voient pas certaines erreurs et laissent passer des approximations ou une mauvaise présentation ; inconsciemment, ils ne veulent pas faire mentir les collègues qui ont évalué les élèves avant eux. L'action de noter n'étant pas encore accomplie, c'est l'action (de noter) qui va être modifiée pour rester en cohérence avec ce qui est présupposé (« bons élèves »).

 

Voyons maintenant l'expérience princep qui a conduit à mettre sur pied la théorie de la dissonnance cognitive. Elle est précisément fondée sur l'observation d'un groupe mentalement prêt à accueillir et à se préparer à l'apocalypse...

 

Extrait de Wikipédia

« L'Échec d'une prophétie (When Prophecy Fails) est un essai américain considéré comme un classique de la psychologie sociale qui parut en 1956. Les auteurs, Leon Festinger, Henry Riecken et Stanley Schachter, ont cherché à analyser comment les individus réagissaient suite à la réfutation d'une croyance à laquelle ils adhéraient fortement. Pour cela ils ont suivi le parcours d'un groupe d'ufologistes persuadés de l'imminence de la fin du monde.

 

Dissonance cognitive

L'ouvrage signale l'un des tous premiers cas publiés de dissonance cognitive. Cette théorie, élaborée par Leon Festinger, permet d'expliquer les conséquences psychologiques de la non confirmation d'espérances ou d'attentes importantes chez un individu. Avant le début de l'étude, Festinger et ses associés lurent un article dans leur journal local intitulé « La prophétie de la planète Clarion lance un appel à la ville : Fuyez cette inondation ». Une ménagère de Chicago, Marion Keech, avait reçu de mystérieux messages chez elle sous forme d'« écriture automatique » provenant d'extraterrestres de la planète Clarion. Ces messages lui révélèrent que le monde serait englouti par une grande inondation avant l'aube du 21 décembre. Le groupe de croyants, menés par Keech, s'était fortement impliqué dans cette croyance ce qui indiquait un haut degré de conviction. Ils avaient quitté leurs emplois ou les cours, leurs conjoints, et distribué argent et biens pour préparer leur départ à bord de la soucoupe volante qui devait les sauver, eux, le groupe de vrais croyants.

 

Prémisses de l'étude

Festinger et ses collègues considérèrent l'événement comme un cas susceptible de conduire à une stimulation de la dissonance après l'échec de la prophétie. Il s'avérait difficile d'altérer la conviction de Keech et son groupe étant donné qu'ils avaient déjà produit des efforts considérables pour la maintenir et la renforcer. Une autre option aurait été de mobiliser un soutien extérieur adhérant à leurs convictions. Comme Festinger l'a écrit: « Si de plus en plus de gens peuvent être convaincus que le système de croyance est correct alors il est évident qu'après tout il doit être correct ». Dans cette optique, si Keech avait pu développer de nouveaux éléments de réflexion en convertissant de nouveaux adeptes aux principes de base de la secte, alors l'amplitude de la dissonance aurait été amoindrie. Festinger et ses collègues prédirent que l'inévitable démenti par la réalité serait suivi d'un gros effort de prosélytisme pour rechercher un soutien social et ainsi réduire la douleur issue de la non confirmation des espérances.

 

Chronologie des événements

Festinger et ses collègues infiltrèrent le groupe de Mlle Keech et rapportèrent les faits suivants :

 

Avant le 20 décembre, le groupe évite la publicité, les entretiens ne sont donnés qu'à contrecœur.

L'accès à la maison de Keech est seulement permis à ceux qui peuvent convaincre qu'ils sont de vrais croyants. Le groupe fait évoluer son système de croyance, basé sur l'« écriture automatique » provenant de la planète Clarion, et commence à expliquer les détails du cataclysme, la raison de l'évènement et la manière dont il sera sauvé du désastre. Le 20 décembre, les croyants attendent qu'un extraterrestre les appelle avant minuit pour être escorté à bord d'un vaisseau spatial censé les attendre. Appliquant les instructions, ils se donnent beaucoup de mal pour éliminer les objets métalliques qu'ils portent sur eux. Comme minuit approche, les fermetures à glissière, bretelles de soutien-gorge, et autres objets sont jetés. Le groupe attend.

Le 21 décembre, 00h05, pas de visiteur extraterrestre. Un membre du groupe constate qu'une horloge dans la pièce indique 23h55. Le groupe convient qu'il n'est pas encore minuit.

00h10, la seconde horloge indique minuit. Toujours pas de visiteur. Le groupe est abasourdi et s'assoit en silence. Le cataclysme est censé se produire dans moins de 7 heures.

04h00, les croyants restent assis en silence. Quelques tentatives pour trouver des explications ont

échoué. Keech commence à pleurer.

04h45, un message envoyé par « écriture automatique » est adressé à Keech. Il précise que le Dieu de la Terre a décidé d'épargner la planète de la destruction. Le cataclysme a été annulé car « le petit groupe, assis toute la nuit, avait répandu tant de lumière que Dieu a sauvé le monde de la destruction ».

Après-midi du 21 décembre. Le groupe appelle des journaux cherchant à donner des entretiens. Dans un renversement de situation, le groupe ne fuit plus la publicité mais au contraire débute une intense campagne pour diffuser son message à un public aussi large que possible. »

Seule cette « explication », peut rétablir la cohérence entre l'investissement consenti et la réalité ! Ainsi, en 2012, après que « rien » ne ce soit passé, les « croyants » estimeront sans doute que leurs prières ont été exaucées. CQFD.

Version originale

Titre original When Prophecy Fails - Éditeur original Harper-Torchbooks -Langue originale Anglais - Pays d'origine États-Unis - Date de parution originale 1er janvier 1956 - ISBN original 0061311324

 

Version française : Traducteur Sophie Mayoux, Paul Rozenberg - Éditeur PUF Collection Psychologie sociale - Date de parution 1er juillet 1993 - ISBN 2-13-045619-7 »


Cela dit, il va de soi qu'un jour, l'existence de l'espèce humaine sera fortement compromise par un virus ou plus probablement par un astéroïde...Nul doute que certaines bactéries résiteront. 
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15 février 2010 1 15 /02 /février /2010 09:23

Test Visuel : Comptez le nombre de passes 

L'œil voit, le cerveau regarde !

Même s'il est sans doute trop sommaire de dire « l'un capte, l'autre interprète », c'est néanmoins la meilleure approche pour commencer.

La part de sélection dans ce que nous voyons est immense, comme vous venez d'en être le témoin involontaire, sinon la victime. Votre regard a été orienté dès l'origine sur ce qu'il convenait de regarder. La tendance fondamentale à simplifier a fait le reste. Juste répondre à une question et tout le regard est focalisé sur la réponse à donner. Le reste disparaît totalement. A voir et revoir le film, le « non-vu » paraît invraisemblable. Comment n'a-t-on pas vu ? Et c'est cela qui est intéressant.


japonais-masque.jpgNous ne sommes pas tellement libres de ce que nous voyons et regardons. La psychologie de chacun, être un homme ou une femme, l'éducation, la manière de voir d'une époque donnée dans une culture donnée. L'interprétation s'établit quasiment au même moment que la perception. Cette femme japonaise se protège contre la grippe. Non ! Il n'en est rien : au Japon, la politesse exige de tout faire pour éviter de contaminer les autres lorsque l'on souffre d'un rhume. Il faut cette fois une connaissance de la culture japonaise pour comprendre que cette femme est enrhumée. Ni la vision, ni le regard ne nous suffisent pour décrypter l'image.

C'est que nous avons des « représentations spontanées » des choses qui nous entourent. Et à bien y regarder (!), le cerveau fournit toujours une réponse. Il a semble-t-il horreur du vide.


C'est une question qui s'était posée dans le cadre de la commission Lagarrigue, de réforme de l'enseignement de la Physique. Ma participation se bornait à questionner des élèves de 6ème et 5ème. Par exemple, leur poser la question de savoir quel est le trajet de la lumière entre le livre qu'il regarde et leur œil. Une question simple. Une question qu'aucun élève ne s'est jamais posée. Et pourtant chacun fournit une réponse. De leurs erreurs il est dès lors possible de comprendre ce qui bloque dans la compréhension de la Physique.


Le petit texte qui suit met en lumière ces phénomènes de représentations de ce qui nous entoure.

Lien pour lire l'original du texte. (http://www.erudit.org/revue/rse/1985/v11/n2/900493ar.pdf)

 

Les représentations de concepts en sciences physiques chez les jeunes par Marcel Thouin, professeur à l'Université de l'Alberta, Edmonton, Canada
Revue des sciences de l'éducation, vol. 11, n° 2, 1985, p. 247-258.


« Résumé — La plupart des élèves possèdent déjà des représentations premières de la réalité qui vont souvent leur nuire plutôt que les aider dans leurs apprentissages en sciences et persisteront fréquemment malgré l'enseignement de représentations radicalement différentes.Ce texte esquisse l'état de la question des représentations premières de la réalité et donne un aperçu des connaissances actuelles sur les représentations de quelques concepts en sciences physiques chez les jeunes. »

« Le concept de lumière.

Les représentations premières reliées au concept de lumière ont été étudiées par quelques chercheurs (Anderson et Kârrqvist, 1982; Tiberghien, et al., 1980). On demande par exemple à des élèves d'expliquer comment ils peuvent apercevoir un livre placé devant eux. Plusieurs répondent alors qu'une impulsion se transmet des yeux jusqu'à leur cerveau. On leur demande alors d'expliquer si quelque chose se passe entre le livre et leurs yeux.

Voici quelques réponses qui reviennent fréquemment:


 « Il ne se passe rien entre le livre et les yeux».

 « Je concentre les lentilles de mes yeux sur le livre».

 « Il y a des rayons qui vont de mes yeux jusqu'au livre, alors je peux voir le livre».

  • « Les yeux envoient des rayons qui vont jusqu'au livre puis reviennent, alors je peux voir le livre».

  • « La rétine de l'œil produit une image du livre».

.../...

(Pour les plus jeunes qui liraient ce qui précède, et qui ne seraient pas sûrs de la bonne réponse, c'est que la source de lumière (soleil, ampoule) envoie sur la page du livre des milliards de grains de lumière (photons) et que ceux-ci rebondissent jusqu'au fond de l'oeil (la rétine). Le rayonnement se fait donc de la source lumineuse vers le fond de l'oeil. Le pigment noir des caractères ne renvoie aucune lumière, le blanc de la page renvoie au contraite toute la lumière. Nous distinguons les caractères par contraste entre le noir et le blanc.)



« Les représentations premières de la réalité.

il devient de plus en plus évident, dit-on, que dans plusieurs domaines des sciences:

1) Les élèves possèdent des représentations de la réalité avant tout enseignement.
2) Ces représentations vont souvent leur nuire plutôt que les aider dans leurs apprentissages et vont souvent persister malgré l'enseignement de représentations radicalement différentes.

3) L'habileté d'un élève à mathématiser un phénomène physique n'est pas la garantie d'une compréhension suffisante et adéquate des concepts scientifiques sous-sous-jacents.

4) Ce n'est pas tellement le fait que les élèves n'ont pas atteint le niveau opératoire formel qui explique leurs difficultés dans l'apprentissage des sciences, mais plutôt le fait qu'ils doivent remettre en question leurs représentations première"

L'histoire des sciences montre que ces remises en question sont difficiles même pour des savants ayant sûrement atteint le stade opératoire formel."

.../...

Je reprends la plume. L'œil n'est que rarement accepté comme un simple capteur de lumière. Il est imaginé spontanément comme « à l'origine de la vision ». S'il en va ainsi c'est parce l'œil doit être dirigé vers un objet. Le fait que l'œil s'oriente, soit dirigé volontairement, lui confère un rôle d'acteur principal. Si c'est l'œil qui agit en regardant l'objet, alors l'idée qu'un rayon part de l'œil et va vers l'objet n'est pas loin et s'inscrit dans la logique de l'œil-acteur de la vision.

 

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