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Natures Paul Keirn

Recette de la grive



Chacun décide. Tuer un animal n'est à mes yeux acceptable qu'en situation de sous-alimentation ; de survie urbaine ou de survie nature. Autres temps, autres moeurs, en chacun de nous sommeil l'instinct de chasse. Rien ne justifie la chasse aujourd'hui. J'ai le sentiment de cet éternel combat entre le cortex et le noyau limbique (le cerveau reptilien).  L'oiseau était au milieu des champignons lors de la promenade dédiée aux "Lactaires, délicieux et sanguins".

J'ai hésité à mettre cette recette de la grive, telle qu'elle est faite ici dans le Haut-Var. Cela a quelque chose de brutal.
Cela dit, puisque l'un des objets de ce petit site est de décrire ce qui se pratique ici au contact de la nature, cette recette trouve naturellement sa place.

C'est la première fois que je mange un oiseau mort ramassé par terre. Il a fallu l'expérience de ma compagne pour m'en persuader. J'ai montré l'oiseau, immédiatement identifié comme une grive. Elle n'a pas été jugée "plate". Ce terme correspond à un animal mort qui a séjourné plus d'un jour au sol et qui commence à sécher. Une certaine tiédeur indiquait que l'animal avait été tué le matin. Une grive que le chasseur a touché et tué, mais qu'il n'est pas parvenu à retrouver.






Peut-être avais-je envie de lui redonner vie en la placant dans ma main comme si elle volait.




































































Ames sensibles...
La grive a été plumée. Pas si facile qu'il n'y paraît. Il faut une grande habitude pour retirer plumes et duvet sans abimer la peau.
La grive n'est en aucun cas vidée. La partie la plus appréciée, ici, étant les viscères. La cuisson à la cocotte est moins traditionnelle qu'en brochette sur le feu de bois, mais une fois sur deux c'est le mode de cuisson choisi.
Au dessus du feu de bois, chacun approche un morceau de pain et recueille les gouttes de graisse qui tombent une à une. C'est le hors d'oeuvre offert par la grive avant de la déguster.



La grive a été bardée (voir photo suivante), c'est-à-dire entourée d'une tranche de lard gras, puis ficelée.

Une vingtaine de minutes de cuisson à feu doux est nécessaire.

Le signal de la fin de cuisson n'est pas la durée mais le parfum qui envahit la cuisine.














La barde dans laquelle l'oiseau est enroulé puis ficelé.
















Dès que le parfum de la grive inonde la cuisine et toutes les pièces avoisinnantes, elle est retirée du feu.

A l'aide d'un couteau, on teste son degré de cuisson. La chair est ferme mais la pointe du couteau doit entrer dans le "blanc" sans difficulté.














Quitte à être précis ! Voici le feu de cuisson.














Viens ensuite la dégustation. On ne procède pas n'importe comment. Ce n'est pas vraiment un rituel mais, presque.
































Le "grand" principe est qu'on ne doit laisser dans l'assiette que...Le bec !
Je passe sur le goût, difficilement descriptible, évidemment extra-ordinaire. C'est l'oiseau l plus apprécié des chasseurs locaux. Juste avant la bécasse et le perdraux. Encore faut-il rajouter, à égalité avec la grive, les "petits". Il s'agit des passereaux (mésanges, chardonnerets, geais sont cités) toujours cuits en brochettes.

Après avoir dégusté les filets, pattes et ailes croquent sous la dent. Les os sont friables. Il faut manger la tête à la saveur de cervelle. Puis vient l'intérieur de la bête qui doit être tartiné sur du pain frais, arrosé de sauce et surmonté de morceaux de barde. Le goût qui domine est celui du foie de l'oiseau.

Vous ne savez peut-être pas tout, mais du moins ce que j'ai retenu ! A vous d'en dire davantage si vous connaissez cette recette ou une recette voisine.


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