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Natures Paul Keirn

Les gorges du Caramy (Var)

28 Novembre 2009 , Rédigé par Paul Keirn Publié dans #PROMENADES

Les "Gorges du Caramy" ? Un nom sur la carte IGN. Des personnes qui s'enflamment en en parlant... La curiosité piquée au vif, après deux tentatives ratées de trouver l'entrée de la gorge, quasiment pas indiquée. Pas de mystère, la vallée du Caramy est jalousement gardée par ceux qui la connaissent. Entre deux petites villes du Var, Tourves et Mazaugues, elle serpente et reste protégée parce ce peu accessible. Alors la nature s'y étale généreusement, heureuse.

Pour un meilleur rendu, appuyer sur la touche F11 de votre clavier (pour revenir à la normale, il suffit d'appuyer à nouveau sur la touche F11)
Plutôt que de faire un album, ce qui est bien mais sans commentaire, je préfère prendre plus de temps mais expliquer les choses. Alors voilà, toutes les photos sont en place, mais seulement une dizaine est commentée. Je le mets quand même en ligne et je vais compléter jour après jour les commentaires de chaque photo. Quand ce sera fini, je mettrais un article pour faire lien.  Bonne balade à toutes et à tous.

LES GORGES DU CARAMY



Les falaises enserrent les gorges du Caramy, une petite rivière qui traverse l'arrière-pays varois d'ouest en est, traversant notamment Brignoles, une ville de moins de 20.000 habitants, à 40 km au nord de Toulon.
L'objectif était simple en apparence : remonter les gorges et rejoindre la ville de Mazaugues.
Sur le plan ci-dessous, il suffit de descendre au sud (bas de la carte. L'entrée des gorges se situent au niveau de la mention "400m". 

Explorer la carte avec Google maps












Tout commence avec la bonhommie d’une promenade familiale. Sur la carte IGN, il semble simple de parcourir les gorges d’un bout à l’autre, de Tourves à Mazaugues. Deux à trois heures de marche tout au plus. Un parking a été aménagé non loin du début de la balade. A peu de distance : le pont Romain.


 

Vu de côté, il fait relativement récent. Médiéval peut-être. Et pourtant il date de l'époque romaine.
Les Romains savaient construire. Ce n’est pas une découverte, mais quand on pense que ce pont a près de 2000 ans,  cela impressionne. Une fois sur le pont, sans parapet, on s’aperçoit en fait qu’il n’est
pas récent à son étroitesse :
La largeur du pont Romain fait environ trois mètres.
Les falaises qui entourent la gorge sont escarpées et rares doivent êtres les marcheurs qui s’y aventurent.

Encore que, un ami spéléo, qui le premier m’a parlé de cette gorge, a eu de bien curieuses surprises en explorant le pied de ces falaises à la recherche d’entrées de grottes :plusieurs personnes vivent ici, au pied de ces falaises, en troglodytes !

Curieusement, ce joyau, où la nature est incroyablement préservée, ne fait l’objet d’aucune promotion touristique. Et à la réflexion, quand on connait les lieux, on a envie que les choses restent ainsi...

Le Caramy s’écoule ici avec lenteur. La flore et la faune semblent rayonner de joie ! Des truites de 25 à 30 cmnagent tranquillement. Des libellules bleu acier, des Calopterix virgo si j’ai bonne mémoire, volent partout. On croit rêver. Quand on pense que ce n’est au fond que la nature, telle qu’elle devrait être presque partout. Que déjà, au fond, on l’avait oublié. Notre capacité d’oubli est grande.



Voici une caloptérix virgo. Je vais chercher quelques photos qui montrent mieux qu'avec mon tout petit appareil ce bel insecte (vivement que j'ai un zoom). J'ai trouvé ! Sur un site appelé moineau de Paris . Le texte suivant et surtout une très belle illustration :

"Calopteryx virgo - Calopteryx vierge

Les demoiselles se distinguent des libellules vraies (toutes deux de la famille des odonates) notamment par la position des ailes au repos, repliées dans le dos, et un abdomen trés svelte. Les Calopteryx (parfois nommés Agrions) sont nos plus grandes Demoiselles. Comme toutes celles-ci, ils ont un corps fin, élancé, une tête plus large que longue. Le vol est saccadé, mais peu rapide. Les ailes toujours repliées l'une contre l'autre et dressées au-dessus du corps au repos."
Les animaux bleus sont rares ! Caloptérix en fait partie. Pourquoi est-elle bleue ? Je pense toujours à l'évolution en termes néo-darwiniens* : la roulette génétique qui fait apparaître une variation puis la sélection naturelle intervient. Un hasard sans cesse renouvelé mais qui doit survivre à "la dure loi de la nature", comme on dit. La variation est-elle adaptative ou condamnée. Va-t-elle donner un être plus adaptée que tous ses ancêtres et donc mieux diffuser ses gènes ou au contraire péricliter et disparaître ? Caloptérix a réussi. Pourquoi ? Le bleu y est-il pour quelque chose ou, plus vraisemblablement, fait-il partie d'un package génétique. Nous y reviendrons avec les papillons et les mites.
*On doit dire "néo" quand on fait intervenir la génétique au sujet de l'évolution des espèces, parce que Darwin ne pouvait pas connaître la génétique.




















La balade continue, sans difficulté aucune. Après un passage assez glissant le long de la rivière...Il n'y a plus personne. C'est toujours étonnant de voir comment la première difficulté élimine 90% des personnes qui viennent profiter de la nature. Comme ces familles qui pique-niquent à 10 mètres du parking et 20 mètres de la route. Idem sur les plages : la répartition se fait selon la courbe de Gauss.  





























































Massif calcaire, avec ces couches métamorphiques, c'est-à-dire des dépôts de coquillages compressés, de limons, de marnes. Des milliers de siècles nous contemplent.































































































































































































































































































































Etranges ces racines ? Pas vraiment. Le Caramy entre souvent en crue. Les eaux montent de 1 à 2 mètres, ce qui balaye la couche de terre superficielle, faisant apparaître les racines.
Une feuille de figuier.


































































































































































































































Cette photo a été prise pour une seule raison : les dépôts de végétaux dans les branches. Elles indiquent le niveau de la dernière crue du Caramy. Ici, environ deux mètres.


























Petite pause, le chemin qui borde la Caramy disparait de plus en plus souvent. il faut alors marcher dans l'eau. Il est temps de s'équiper de "méduses". C'est ainsi que j'appelle ces chaussures de plage avec de grosses pastilles en plastique sous la semelle ressemblant à des ventouses. Une petite famille passe : un couple, deux enfants de 10-12 ans, de l'eau parfois jusqu'à la taille, ils descendent le cours d'eau. De 10 cm à 3 mètres sont les profondeurs rencontrées.































Pique-nique sur un banc de "galets".






























































































































































Un trop court moment de calme et de fraîcheur à déguster.















































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































Les choses ne s'arrangent pas. encore y a-t-il ici un sentier, même s'il est étroit. Avoir les pieds mouillés au mois de juillet, cela ne fait rien. Ce qui est plus gênant, c'est l'heure qui tourne et la progression qui se ralentit. Deux kilomètres à cette allure...Encore des heures de marche. Une idée en tête : ne surtout pas être surpris par la nuit !
Je préfère ne pas imaginer. Et ici, pas de téléphone mobile !  































La photo ci-dessus et les deux suivantes sont intéressantes, parce qu'elles montrent ce qu'est vraiment la nature (biotope européen) quand elle n'est pas entretenue par l'Homme. C'est un chaos où ce qui est vivant cotoie ce qui est mort. Cela donne bien une idée de ce que sont nos forêts entretenues, des jardins, que nous identifions à la vraie nature, bien à tort.































Cela me fait penser à l'invention de la roue. On s'etonne parfois que certains peuples, et notamment les Incas ou les tribus indiennes, n'aient pas "inventé  la roue" comme ont dit. Il manque une chose à cette réflexion : avant la roue, il faut...la route !































Eh bien voilà ! Il faut faire demi-tour. La lumière baisse et la fraîcheur monte.































Le Caramy, ce n'est pas l'Everest, c'est sûr. Ce n'est pas non plus "Man vs Wild" (voir sur NT1, le lundi soir), ni "Deliverance", ni "Aguirre". Et pourtant c'est raté pour aujourd'hui. Mais, quelle balade superbe !











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APPROCHES :
Vu on the Web
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Le feu né de la glace
Confiture d'arbouses
Le puits sans retour (piège)
La corde d'arc en boyau
La confiture de cynorhodons
Manger des carottes sauvages
Recette de la grive 

GRANDES BALADES DANS LA NATURE
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suzanne L 15/02/2013 18:35


Nous l'avons fait aujourd hui avec le club de rando (val d issole) c'etait "fabuleux


je n'ai pas fait de photos alors contente de voir les votres (tres belles


merci pour le partage


Suzanne

Paul Keirn 15/02/2013 23:23



Félicitations ! Dites moi votre parcours ? Du parking au saut de cabri ? Ou l'inverse ?
C'est un lieu exceptionnel, un morceau de vraie nature préservé. 



CHAZE j pierre 28/06/2010 14:46



le 26/06/2010 meme probleme de progression le long du caramy d'autant que le balisage vous invite a grimper(rude!) au clot d'aubert belle vue depuis le plateau,mais il faut effectivement rester
dans les gorges et poursuivre jusqu'a la reserve de peche et au barrage et monter a main droite sur les mines de bauxite.


ce meme jour nombreux lys martagons fleuris partie basse des gorges,a respecter !rare station du var avec celle de st quinis(camps la source)



Paul Keirn 28/06/2010 20:48



Ouii ! Voilà un randonneur ! De quelle ville (ou village) ? Tourves ? Mazaugues. Moi, La Roquebrussanne.



Michka le Pïrate modo :0032: 02/12/2009 11:05


Une superbe balade, merci pôur le partage communautaire
Michka


Paul Keirn 02/12/2009 11:08


Merci à vous !