Les "grains de genièvre" ! Qu'en sait-on ?
Pour ma part, il sont principalement associé à la choucroute. Je pense savoir que c'est un irritant de l'estomac et qu'il aide à digérer la choucroute. Et puis, je crois que c'est avec ce
fruit du genévrier que l'on fabrique le Gin. C'est tout ! Enquêtons...
Aujourd'hui, 2 décembre 2009, la nature est en fête. Le soleil est de retour. Nous trouvons un Lactaire
délicieux que personne n'a vu. Et puis, le soleil invite à faire des photos de genièvre. Les fruits sont enfin mûrs. J'en prends de quoi remplir plusieurs pots, pour l'année. On en mettra dans le
gibier à plumes que les voisins chasseurs ne manquent pas de distribuer. Et on mettra notre genièvre dans la choucroute ! C'est dire qu'il est grand temps d'en savoir plus sur les "grains" de
genièvre, ses fruits.
Allez voir ce qu'en dit Wikipédia, l'encyclopédie collaborative, est désormais ma première démarche. Voyons voir :
"Le genièvre ou
genévrier commun (Juniperus communis L. ; Juniperus, Cupressacées) est un arbuste à baies
bleu violacé et aux feuilles épineuses. Sa taille peut dépasser 5 mètres. Son "fruit", un cône à l'apparence de baie, est indifféremment appelé « genièvre » ou « baie de
genévrier ». On appelle également genièvre une eau-de-vie (appelée peket en wallon) proche du gin britannique
que l'on parfume comme cette dernière à l'aide de ces baies. Certaines recettes incorporent des baies de genévrier à la choucroute. Le genévrier commun se
distingue du genévrier cade par ses aiguilles à une large bande blanche (alors que les aiguilles du cade ont deux bandes) et par des fruits beaucoup plus petits.
Le genévrier est beaucoup utilisé pour réaliser des haies en raison de sa robustesse. On l'utilise également beaucoup dans l'art du bonsaï.
Le genévrier commun (Juniperus communis) est le seul avec le genévrier cade (Juniperus oxycedrus) à être comestible.
Les baies et les jeunes pousses, préparées en infusion, ont des effets diurétiques, stomachiques et digestifs. Ils auraient été utilisé contre l'asthme.
Plus qu'un traitement des digestions difficiles et des gaz intestinaux, les baies de genièvres sont ajoutées préventivement lors de la préparation des plats un peu lourds afin de faciliter
leur digestion.
Un usage abusif du genévrier peut provoquer des troubles rénaux, de ce fait, il ne doit pas être utilisé durant les grossesses.
Quant aux jeunes pousses de feuilles, elles sont utilisées en gemmothérapie."
Pas une ligne de plus. Confirmation pour digérer la choucroute (quand je pense qu'il y en a qui poussent ces grains au bord de l'assiette...). Il existe un genévrier "cade". Serait-ce
l'origine de l'huile de cade ? Allons voir !
"Le genévrier cade (Juniperus oxycedrus), ou cade, ou encore oxycèdre, est un petit arbre ou un arbrisseau fréquent en région
côtière méditerranéenne
(du Maroc
à l'Iran), où il est l'une des plantes caractéristiques des garrigues et des maquis. Les cônes, comestibles
frais, sont bruns à orange.
L'huile
On en extrait l'huile de cade, utilisée autrefois pour ses vertus cicatrisantes, toujours très appréciée comme antiseptique et désinfectant. Elle
est fréquemment associée à divers produits tels que les shampooings. Elle constitue un traitement local d'appoint du
psoriasis et des dermites séborrhéiques. Elle sert aussi à soigner les sabots des chevaux (entre dans la composition de l'onguent de maréchal). Frédéric Mistral y fait allusion dans le Trésor du Félibrige en parlant d'une huile âpre dont les bergers se servent contre la gale". Elle
est très efficace dans l'éloignement des rongeurs, ainsi que comme répulsif d'insectes. Cependant elle ne sent pas très bon et il faut éviter de l'employer "pure" sur la peau. Les facteurs de
flûte à bec s'en servent afin de fabriquer le bouchon du bec de la flûte. C'est aussi un excellent anti-mites.
Les fours à cade.
Les fours à cade qu'on trouve encore dans la garrigue en Provence (notamment à Cuges-les-Pins) rappellent l'époque où cette huile était produite directement dans les
champs: là où poussait le genévrier cade, on construisait de grands fours cylindriques en pierre, le bois y était lentement consumé et on récupérait l'huile dans la partie basse du four. Leur
utilisation a cessé pendant la seconde guerre mondiale; les distilleries modernes ont supplanté ces méthodes artisanales."
Je vais voir le site
des fours
à cade
Il semble que le genèvrier cade soit bien plus utile que le genèvrier commun. L'essence a l'air très forte,
irritante pour la peau. Je vais aller voir dans la base de données phytopharmacologique ce que contient le genèvrier. J'imagine un irritant (rubéfiant), sans doute antibiotique, sans doute
vaso-dilatateur. Nous verrons bien...
Hmm la base est en anglais. Je repasse par la case "Google" avec la requête "traduire genèvrier en anglais". Juniper !
Résultats impressionnants. Ils tiennent sur 15 pages de Word
Je les mets en liens, d'abord la
liste des molécules chimiques que l'on trouve dans le genévrier, puis la liste des actions pharmacologiques sur le corps humain. Je le mets ICI
Les actions pharmacologiques couvrent largement tout ce qui a été dit précedemment.
D'ou vient ce mot, genièvre ? L'étymologie renseigne souvent.
"Genièvre
Nature : s. m.
Prononciation : je-niè-vr'
Etymologie : dans le Berry, genieuve ; génev. genève ; Maine, genèbre ; Provence : genibre, genebre ; catalan. ginebre ; espag. enebro ; port. zimbro ; ital. ginepro ; du lat. Juniperus ( e
avec un accent bref). Juniperus paraît manifestement contenir "parere", enfanter, comme "puerpera" le contient. Aussi M. Quicherat, dans son dictionnaire, le décompose en junior, pario. M. Baudry
à junior substitue junix, génisse, et pense que la plante a été ainsi nommée du juniperus sabina, L. qui est emménagogue*, et qu'en plusieurs contrées on administre aux vaches pour faciliter leur
parturition."
* "On appelle emménagogues des plantes médicinales qui
stimulent le flux sanguin dans la région pelvienne et l'utérus. Des plantes telles l'absinthe, l'armoise commune (Artemisia vulgaris), le persil (Petroselinum crispum), l'angélique ("angélica archangélica"),
la muscade (Myristica fragrans Houtt) et le gingembre (Zingiber) ont été utilisées par des femmes pour stimuler l'apparition des
règles."
Les groupes humains ne se trompent pas dans l'usage qu'ils font des plantes. Et s'ils se trompent, l'information n'est pas
transmise.
Voyons quels sont les usages du genèvrier dans le monde ?
Une base données ethnobotaniques nous renseigne :
Contre l'artériosclérose ; soins contre les morsures de serpent ; Bronchites ; Carminatif (favorise l'expulsion des gaz intestinaux) Maux de tête ; Colique ; Desobstruant ;
Depuratif ; Diaphoretique (qui fait transpirer) ; Digestif ; Diuretique ; hydropisie (accumulation d'eau) ; contre la dysentrie ; Emmenagogue ; ; Gonorrhée ;
contre la goutte ; antihysterique ; reins ; leucorrhée ; liniment ; Liqueur ; Medicine (Veterinary) ; Rhumatisme ; débilité ; stimulant ; stomachique ; sudorifique ; tenesme ; urogenitale ;
venerien ; vermifuge ; blessures
Maintenant, on peut lire un article, celui de l'epicier suisse et savoir demêler le vrai du moins vrai.
© http://www.epicier.ch
Genièvre, les vertus
Toutes les parties de la plante sont employées en thérapeutique. Le bois, riche en résine et en essence aromatique
voisine de la térébenthine, est un diurétique et un sudorifique excellent. Les aiguilles jouissent des mêmes propriétés et leur décoction est préconisée contre les douleurs rhumatismales, les
maux de reins et la névrite. A l'extérieur, elles sont utilisées sous forme de bains et de compresses contre les troubles circulatoires, les douleurs arthritiques, névritiques et
musculaires.
Les fruits, improprement nommés baies ou grains de genièvre, sont riches en sucre, en résine et en huile essentielle
d'odeur aromatique agréable. Outre cela, ils renferment du mucilage, du tanin, quelques acides organiques et de nombreux sels minéraux.
Leur application s'étend à plusieurs domaines de la médecine, de l'art culinaire et de l'art tout court.
De couleur vert glauque à la fin de la première année de leur formation, ils ne mûrissent qu'au cours de l'été suivant et deviennent ces petits fruits globuleux de couleur bleu-noirâtre,
recouverts d'une poussière blanche extrêmement ténue.
Le décoction de genièvre est un stimulant diurétique, utilise avec succès contre les maux de reins et de vessie, le
rhumatisme, l'arthrite, l'œdème, les catarrhes des voies respiratoires et les refroidissements de tous genres. Vu son action échauffante et irritante, il est recommandé de s'en tenir à une dose
plutôt faible, ne dépassant pas 15 à 20 grains pour une tasse d'infusion. A cet effet, les baies doivent être au préalable moulues ou simplement écrasées.
Dans les pays nordiques et germaniques, on fait macérer dans de l'eau, les baies de genièvre contusées ; on en exprime
le suc frais et après l'avoir épaissi par évaporation, on l'additionne de sucre pour en faire un sirop concentré, dénommé rob de genièvre. C'est une formule pratique et agréable, remplaçant
avantageusement la tisane. Dans les mêmes contrées, les baies fraîches et bien mûres, sont mises à macérer dans de l'alcool fin réduit à 45 ou 50 degrés, ou de l'eau de vie de fruits ou encore,
de l'eau de vie de grain. En distillant le tout, on obtient un alcoolat réchauffant, tonique et riche en essence ; c'est l'esprit de genièvre (Wacholdergeist ou Steinhager) bien connu dans les
contrées montagneuses de la Bavière et du Wurtemberg ; c'est aussi le gin anglais et écossais.
L'essence ordinaire de genièvre, employée en frictions révulsives et analgésiques, est retirée par distillation du
bois et des rameaux de genévrier. Par contre, l'huile essentielle de 1er choix, plus fine comme odeur et beaucoup moins de terpène que la première, est obtenue par la distillation à la vapeur,
des baies fraîches.
Certains artistes, peintres sur porcelaine en font usage à la place de l'essence de térébenthine, plus visqueuse et
plus « coulante » à la cuisson.
Mentionnons pour terminer, l'emploi du genièvre comme condiment : très en honneur chez les populations montagnardes,
il confère aux viandes fumées, au gibier, aux sauces, à la choucroute et aux légumes, son parfum agréable et tonique.