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Natures Paul Keirn

FUKUSHIMA - 30 mars 2011 - Quoi de neuf N°6

30 Mars 2011 , Rédigé par Paul Keirn Publié dans #ENVIRONNEMENT MONDIAL

 

FUKUSHIMA - Quoi de neuf N°6 - natures paul keirn ACTUALITES 
FUKUSHIMA

nuage radioactif Informations minute par minute, cliquez sur l'icone

 

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L'actu de ce matin : "Un taux d’iode radioactif 3.355 fois supérieur à la norme légale a été mesuré dans l’eau de mer prélevée à 300 mètres au sud de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima (nord-est du Japon), a annoncé mercredi l’opérateur Tepco", "Il s'agit du plus haut niveau mesuré d'iode 131 depuis le début de la catastrophe"

L'événementiel domine comme il se doit dans les médias. C'est un peu la règle du jeu. Dès qu'advient un répis, l'information est reportée au second plan. C'est ce matin le cas pour les réacteurs de FUKUSHIMA : pas de dégradation substancielle (et surtout pas d'informations nouvelles) Mais évidemment pas d'amélioration. A commencer par les japonais, la Terre entière vit le compteur Geiger sou sla gorge.
Les unes de la presse  se tournent vers les autres crises (Côte d'Ivoire et Lybie surtout)

______________________________Mise en ligne de 19H15______________

PRISES DE POSITION & SITUATION A 19H00

Le démantèlement de Fukushima reacteur 1 pourrait durer 30 ans et coûter 12 milliards de dollars selon des ingénieurs et des spécialistes cités par Blommberg, agence de presse spécialisée dans la finance, créée par Michael Bloomberg,homme d'affaires et maire de New York.

Les cinq experts français arrivés sur place. ont  pour mission d'apporter "des idées" pour le traitement de l'eau radioactive. Anne Lauvergeon, présidente d'Areva est au Japon et sera rejointe par Nicolas Sarkozy demain jeudi Président de la République doit s'y rendre ce jeudi 31/03/2011.

 Tepco souhaite stocker l'eau radioactive dans un tanker au large de Fukushima en attendant de pouvoir la traiter. Des "bâches spéciales" pourraient être posées au dessus des réacteurs pour éviter l'émission de particules radioactives. No comment ! Une solution "désespérée" selon des spécialistes.

L'eau de mer à proximité de la centrale est supérieure de 3.300 fois la normale légale. A 40km de Fukushima, des taux importants ont été observés, conduisant enfin l'AIEA  (l'Agence internationale de l'énergie atomique) à recommander une extension de l'évacuation, comme le suggérait Greepeace depuis plusieurs jours.

La décontamination des zones alentours prendra certainement des décennies. Tepco reconnait finalement que les 4 réacteurs seront inutilisables à tout jamais. En France, l'ASN estime que le "site est perdu." 

______________MISE A JOUR DE 16H00___________________________________

LES SIMPSON INNOCENTE VICTIME DE RETOMBEES SUR LA  POLITIQUE ALLEMANDE
Rions un peu ! Angela Merkel a pris, il faut le dire simplement, une vraie veste lors des récentes élections notamment face aux écologistes. La sensibilité allemande au nucléaire bat son plein ! A tel point que la chaîne de télévision privée PRO7 a décidé de censurer les épisodes de la série portant sur le sujet : «Nous vérifions tous les épisodes et ne diffuserons aucun de ceux qui prêtent à controverse», a déclaré Stella Rodger, porte-parole pour la chaîne. Les habitués de la série savent quant à eux qu'Homer critique le nucléaire depuis des années

simpson simpson nucleaire
"Trois jours sans accident"...

Après les aliments en provenance du Japon, les bateaux :

11h20 - Berlin Pour éviter toute contamination radioactive, des ports d'Europe dont celui de Hambourg exigent des mesures de précaution concernant les bateaux ayant navigué dans les eaux japonaises, rapporte le quotidien Financial Times Deutschland 

12 h. La radioactivité des bateaux inquiète les ports européens
Un bateau en provenance de Tokyo a été refoulé de Chine, le 21 mars, car il présentait un taux de radioactivité supérieur aux normes. Un exemple qui inquiète les ports européens. Certains, comme celui de Hambourg, exigent que des mesures de précaution soient prises concernant les bâtiments ayant navigué dans les eaux japonaises. 

ON APPREND :


photo d'écran au 13HEURES de France 2 - Roland DESBORDES

via AFP - CRIIRAD & R.Desbordes

rd criiradCi-contre 
Roland DESBORDES, président la CRIIRAD. La seule entité composée de scientifiques, ayant su 40 années durant conserver une totale indépendance. 

Des traces d'iode 131 évaluées à 1,73 Bq/L dans de l'eau de pluie prélevée au Vesinet en région parisienne par les stations de mesure de l'ISRN les 26 et 27 mars 2011. Mais si ces taux sont supérieurs aux valeurs normales, l'IRSN et la Criirad déclare "C'est très très peu .../... il n'y a pas de quoi affoler les gens. Mais c'est une preuve qu'il y a bien eu dans la région un phénomène de particules radioactives dans l'atmosphère", a expliqué à l'AFP Roland Desbordes. Cela dit, M. Desbordes prévient que nous ne sommes que "dans les premières semaines de la contamination".  Le taux est faible : 0,7 Becquerels/l +/- 0,38 Bq/l (marge d’incertitude associée à la mesure). Quant au dépôt humide (quantité de radioactivité déposée par unité de surface de sol), il est de 8,5 Bq/m2. Ce niveau risque cependant d’augmenter légèrement car la contamination de l’air va encore se prolonger durant les 15 prochains jours. Il pourrait alors atteindre « plusieurs centaines de Bq/m2, voire quelques milliers de Bq/m2 en cas de conditions météorologiques très défavorables et/ou d’augmentation plus importante que prévue de l’activité de l’air », précisent les experts de la CRIIRAD. Pour mémoire : les retombées d’iode 131 sur la France à la suite du passage du nuage de Tchernobyl en 1986, ont varié de 1.000 Bq/m2 à 200.000 Bq/m2 selon les régions.


Comme j'ai eu l'occasion de le dire , la CRIIRAD est la seule organisation en laquelle on peut faire une totale confiance. 

-o0o-

 

  ASN - pas de prise en compte du cumul des riques - natures Le président de l'ASN reconnait la non prise en compte du cumul des risques en matière de politique nucléaire. Une attitude qui honore son institution qui, mandatée par l'Etat, est toujours soupçonnable de rétention d'informations. 

_____________NOUVELLES DU MATIN__________________________

revue de presse 30 marsL'info en continu (ici BFM TV)

QUOI DE NEUF ALORS ? De la masse des infos qui parviennent, plusieurs axes apparaissent :

- Comment sortir de la situation de serpent qui se mord la queue : on arrose les réacteurs pour éviter les explosions, mais l'eau est à ce point contaminée que les équipes de "liquidateurs" ne peuvent s'approcher pour réparer les installations (en 15 minutes la quantité de radiations reçues les contraint au recul)

- L'intervention des experts, français et américains, chargés d'aider les autorités japonaises à évacuer l'eau contaminée.

- Les radiations liées aux différentes substances - dans tous les discours scientifiques, on retrouve la même orientation : l'iode radioactif est LE vrai danger pour la planète.  Pour le Japon, le plutonium.

- Des réflexions sur le nucléaire, de plus en plus nombreuses, tant en Europe que parmi les pays émergents.

Nous reviendrons dans la journée sur ces aspects. 

 ecran de natures

pages vues

Le maximum de consultation du site NATURE(S) correspond à l'arrivée du nuage radioactif sur la France. Un pic à 8675 consultations d'articles. Il serait intéressant que les autres sites fournissent également des statistiques. 

 

nuage radioactif Informations minute par minute, cliquez sur l'icone

 

 

 

UN JOUR, UN SITE    

Bonne Lecture
Aujourd'hui :

Bonne lecture du jour lien

Branle-bas de combat pour sauver Fukushima et l'humanité

Par Jacques Attali, publié le 30/03/2011 à 10:04

La communauté internationale doit agir au plus vite afin d'empêcher l'évaporation en quantité immense de particules radioactives de la centrale de Fukushima.

 

L'heure est très grave. Un scénario mettant en cause l'intégrité à moyen terme de l'humanité ne peut plus être exclu. Si les cuves ou les piscines stockant les combustibles irradiés des réacteurs de Fukushima cèdent sous l'effet de la chaleur, d'une explosion ou d'une réplique sismique, on verra se dégager, sous forme liquide ou gazeuse, dans la mer, dans l'air ou en sous-sol, des quantités immenses de matériaux radioactifs. Et même, s'il s'agit de l'enceinte de confinement du troisième réacteur, des quantités considérables de plutonium. Avec, alors, des conséquences certaines sur la contamination d'une partie du Japon, devenant largement inhabitable; et avec d'autres implications, moins certaines, sur la contamination de la planète entière. 

Tout cela parce que les autorités nucléaires japonaises ont, pour des raisons de pure rentabilité financière, construit cette centrale là où il ne le fallait pas et refusé d'y installer toutes les sécurités qui leur avaient été proposées. Et parce que, depuis le début de la catastrophe, ces mêmes autorités ont accumulé erreur sur erreur dans la gestion des secours, laissant des jours durant les réacteurs sans refroidissement, causant des dommages irréparables aux systèmes de protection encore intacts et, par un mélange d'orgueil et de goût du secret, refusant longtemps l'aide internationale et ne communiquant pas la réalité de ce qu'ils savaient sans doute être, depuis le début, une catastrophe méritant une mobilisation planétaire. 

En agissant ainsi, ces autorités ont d'abord mis en danger le magnifique peuple japonais, qu'ils ont sous-informé; et en particulier des travailleurs, mal payés, employés à des tâches extrêmement dangereuses, pour lesquelles ils n'étaient pas formés. Désormais, afin de ne pas avouer qu'ils ont menti, ces mêmes responsables refusent la coopération des spécialistes étrangers; et c'est la planète tout entière qu'ils mettent en danger.  

Il est ahurissant que la "communauté internationale", désormais (et c'est heureux) si prompte à réagir, à s'indigner à la moindre violation des droits de l'homme, reste, dans ce cas, totalement impavide: on demande poliment aux responsables japonais ce qu'ils font; on n'insiste pas lorsqu'ils refusent notre aide; on évacue nos ressortissants; on fait des communiqués lénifiants. Pour ne pas paniquer les populations. Pour sauver l'industrie nucléaire. Pour dormir encore quelques jours tranquilles. 

Tout cela est absurde. L'industrie nucléaire ne pourra être, éventuellement, sauvée que si cette catastrophe est enrayée au plus vite. Il faut donc d'urgence mettre en place un consortium mondial de toutes les compétences. Il faut que nos amis japonais acceptent au plus vite la venue sur place des meilleurs spécialistes mondiaux de la gestion de l'après-accident. Ce qui sera, d'ailleurs, le seul moyen de savoir ce qui se passe vraiment à l'intérieur de cette centrale. Sans attendre les conclusions de ces spécialistes, il faut, d'ores et déjà, envoyer sur place, par avion, tous les hélicoptères, lances à incendie, robots, bétonneuses qu'on pourra trouver pour organiser un confinement efficace de ces réacteurs et mettre fin à ce désastre. Il n'est plus temps de s'interroger sur le droit ou le devoir d'ingérence. Mais d'agir. 


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claude Boisnard 31/03/2011 10:11



J'ai fini par trouver, c'est assez consternant, cest Monsieur Francis Sorin, directeur du pôle information de la Société Française d'énergie nucléaire, laquelle a cessé de donner desinformations
sur ukushima sur son site depui le 18 mars.


Il s'agir d'une émission sur France 24 (le 28 mars) c'est tout à fait à la fin lors de sa conclusion ce Monsieur considère qu'il n'y a rien qui "reeste dans des proportions qui ne permettent pas
d'appeler cet accident ue catastrophe" quelques persones contaminées, c'est tout....


Mais il fait son métier....


http://www.france24.com/fr/20110329-japon-seisme-centrale-nucleaire-fukushima-deuxi%C3%A8me-partie



Paul Keirn 31/03/2011 11:10



Je demande à voir !


Ah, je viens de voir. Ce monsieur est un imbécile dangereux !
En tout cas, vraiment merci pour avoir retrouvé ce plateau remarquable avec Dominique LEGLU et Roland DESCOMBES, les deux meilleurs regards sur la catastrophe de Fukushima.
Amicalement
Paul 



Marie 31/03/2011 02:40



Je continue à lire vos synthèses avec beaucoup d'intérêt (et d'inquiétude grandissante..) Il se peut que l'expert soit Iaroslav Chtrombakh, premier directeur adjoint de l'Institut Kourtchatov,
principal centre russe de recherche et de développement de l'industrie nucléaire ? D'après lui (17 mars - Ria Novosti) la situation à la centrale japonaise de Fukushima-1 n'aboutirait pas à une
catastrophe nucléaire. Selon lui, le pire des scénarios possibles sur le site japonais est la fusion totale de cinq réacteurs de la centrale gravement endommagée par le séisme dévastateur du 11
mars. "Il semble que c'est inévitable", a estimé l'expert russe. "Toutefois, il n'y aura pas de catastrophe".


Voilà, je n'ai pas trouvé d'autres "experts"



Paul Keirn 31/03/2011 08:01



Oui, c'est ce qu'il y a de plus probable, de l'avis de nombreux experts. Et j'espère que ce moindre mal arrivera plutot qu'une réaction en chaîne. Cela n'est jamais arrivé, il n'y a eu que des
débuts de fission incontrolée qui se sont arrêtées. Mais le fait même que cela ne soit pas impossible doit nous faire réfléchir. Lors du premier essai de bombe atomique les savants de l'epoque ne
savaient pas si la réaction en chaîne se propagerait ou non au reste des atomes de l'environnement. Cela fait plutot froid dans le dos, non ? 



claude Boisnard 30/03/2011 16:50



Hélas je n'ai pas retenu son nom, c'était lor d'un débat avec Madame Leglu, débat que j'ai seulement entrevu.


Ce ne sont ps vos informations mais la présentation que vous leur donnez aide le profane à s'y retrouver un peu.



Paul Keirn 30/03/2011 16:59



Dommage ! On aurait pu le joindre et lui demander de commenter ses propos !!
Dans tous les domaines, il y a aujourd'hui une MASSE colossale d'infos. Celui qui connait ne serait-ce qu'un peu, peut faire le tri et essayer de mettre en lumière ce qui a du sens à un moment
donné. C'est tout l'intérêt d'une expertise...quand elle est totalement indépendante de tous pouvoirs. 



Bernard 30/03/2011 10:53



Merci pour ces informations intelligemment critiques et votre point de vue si juste sur les événements et la place toute relative que leur  donne la presse. 



Paul Keirn 30/03/2011 14:51



Merci. J'essaie de m'appuyer sur les sciences pour y voir clair, de voir si une personne parle pour elle ou...pour un groupe, un parti, une puissance x ("de quelle fenêtre parle-t-il ?"). Je ne
défends personnellement rien d'autre que le droit de savoir. Pour ce qui est le presse...après 18 ans de presse, je connais la manière dont fonctionnent les rédactions, ça aide !...
En tout cas, merci de vous exprimer
Cordialement
Paul 



Claude Boisnard 30/03/2011 10:22



Vos informations ne sont pas rassuranntes mais bien utiles pour comprendre


J'ai vu récemment un "expert" sur un plateau de télévision qui affirmait avec un sang froid glaçant que ce qui se passait à Fukushima n'était
pas une catastrophe. Face à ces gens l'information du plus grand nombre est un bien public !



Paul Keirn 30/03/2011 14:56



C'est sûr. Cela dit ce ne sont pas "mes" informations (sourire), j'essaie de ne pas les trier en fonction de mes propres inquiétudes (je n'ai pas à me servir de l'écran comme lieu de projection
de mon angoisse perso). Je ne veux pas non plus être un expert. J'ai juste plus de temps que la moyenne des gens et la chance d'etre assez rompu aux sciences et aux médias. Internet est un
prodigieux outil de partage, alors je milite pour le savoir, une meilleure connaissance pour tous. J'aimerais qu'il y ait un "Droit à internet pour tous". Dites-moi QUI était cet expert qui
disait que ce n'était pas une catastrophe ???