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Natures Paul Keirn

FUKUSHIMA - 26 mars 2011 - QUOI DE NEUF N°2

26 Mars 2011 , Rédigé par Paul Keirn Publié dans #ENVIRONNEMENT MONDIAL

Fukushima - quoi de neuf - natures paul keirn   

 

ACTUALITES   

 nuage radioactif

 

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Quelques remarques tous les jours. Peut-être est-ce le moyen de rester vigilant, surtout lorsque les médias tourneront les objectifs vers d'autres images spectaculaires. Ce n'est pas d'aujourd'hui que le spectacle est une marchandise.

EN FRANCE, LA CONFIANCE DIMINUE
AU JAPON, DEGRADATION DU CONTROLE DE LA SITUATION - L'HYPOTHESE DU "SYNDROME CHINOIS" SE PROFILE.


Les moyens de fortune (tuyaux d'arrosage) déployés par les courageux pompiers Japonais parviennent à contenir tant bien que mal la surchauffe des réacteurs. C'est un bon point. Mais encore faut-il qu'ils puissent se rapprocher suffisamment pour effectuer leur travail. Ce qui n'est pas toujours le cas. Et parfois doivent-ils reculer devant les radiations. On a l'impression d'un combat contre des tonneaux perçés qui, quoiqu'on en dise, diffusent de jour en jour plus de radioactivité, avec ce matin des taux d'iode131 1250 fois supérieurs à la norme. Une catastrophe pour l'environnement. L'éventualité du "syndrôme chinois" (voir plus loin dans le texte) se profile s'il se confirme que la cuve du réacteur N°3 est perçée.
En France, la confiance des français dans les annonces gouvernementales ou des organismes de surveillance (ASN, IRSN) diminue, avec 69% des sondés oscillant entre 35% de "plutôt pas confiance" et 34% de "pas confiance du tout".   

 

PETITE REVUE DE PRESSE RAPIDE 

Les premières traces de Fukushima relevées en France

Leur niveau détecté est «sans danger», assure l'Institut français de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). 
Le nuage radioactif émanant de la  Fukushima a bel et bien touché la France. «Des traces d'iode 131 ont été mesurées dans l'air prélevé entre le 21 et le 24 mars par la station de l'IRSN installée au sommet du Puy de Dôme», a indiqué samedi 26 mars 2011 l'Institut français de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). Ce résultat est «cohérent avec les prévisions» et correspond à «un niveau de trace dans l'atmosphère» ne présentant «aucun danger environnemental ou sanitaire», indique l’Agence. Les traces d’iode 131 sont cette fois supérieures au seuil de détection mais restent «inférieures aux limites de détection» dans les autres stations de mesure.

Repris partout :

SENDAI (Japon) - Le Japon a annoncé samedi avoir mesuré des niveaux d'iode radioactif 1.250 fois supérieurs à la norme légale en mer près de la centrale en péril de Fukushima, renforçant les craintes d'une rupture de l'étanchéité d'un ou plusieurs réacteurs.

ROMANDIE NEWS

Cette forte concentration aggrave les risques de contamination alimentaire par les produits de la mer dont raffolent les Japonais.Le nouveau relevé d'iode 131 a été effectué vendredi par la compagnie d'électricité gérant le site, Tokyo Electric Power (Tepco), et rendu public samedi 26 mars par l'Agence japonaise de sûreté nucléaire.

"Si vous buvez 50 centilitres d'eau courante avec cette concentration d'iode, vous atteignez d'un coup la limite annuelle que vous pouvez absorber. C'est un niveau relativement élevé", a expliqué un porte-parole de l'Agence de sûreté.

"En outre, la concentration d'iode se réduit de moitié tous les huit jours, donc lorsque les gens mangeront les produits de la mer, sa quantité aura probablement fortement diminué", a-t-il précisé."

Tepco, responsable des centrales de Fukushima, a néanmoins mesuré en outre une concentration presque 80 fois supérieure à la limite légale de césium 137, une substance radioactive dont la concentration ne se réduit de moitié que tous les 30 ans.

GREENPACE

L'organisation écologiste Greenpeace a annoncé samedi qu'elle allait effectuer des relevés de radioactivité en dehors de la zone d'exclusion de 20 km autour de la centrale. Depuis le début de la crise, "les autorités ont en permanence donné l'impression de sous-estimer à la fois les risques et l'étendue de la contamination radioactive", a affirmé l'ONG.

ANNONCES DE TEPCO 
L'état du réacteur 3 de la centrale de Fukushima est critique

La cuve du réacteur n°3 de la centrale de Fukushima pourrait être endommagée. C'est ce qu'a annoncé aujourd'hui l'opérateur du site Tokyo Elecric Power (Tepco). L'état du réacteur 3 de la centrale de Fukushima est critique. Un responsable de l'opérateur Tepco a déclaré à l'AFP : "Il est possible que la cuve contenant les barres de combustible dans le réacteur soit endommagée".

BULLETIN DU CEA (Commissariat à l'Energie Atomique)

CEA

Dernier bulletin :Situation au vendredi 25 mars (12h00, heure de Paris)

La situation à la centrale de Fukushima I reste préoccupante. Les autorités japonaises ont évoqué un possible endommagement de l'enceinte de confinement du réacteur n°3, dans cette hypothèse, la fusion du cœur aurait pu aboutir à la formation d'un corium (magma à très haute température – plus de 1800 °C – issu de la fonte du cœur du réacteur et de ses éléments de structure) susceptible de percer l'enceinte de confinement. Mais à ce stade, seules des suppositions sont possibles.

 •Réacteur 1 : 70% du cœur serait endommagé. De l'eau douce a été injectée dans la piscine de stockage des combustibles usés à partir de 15h40 en remplacement de l'eau de mer.

•Réacteur 2 : 33% du cœur serait endommagé. L'injection d’eau douce dans le réacteur (au lieu d’eau de mer) était espérée pour la soirée. La piscine de stockage des combustibles usés continuait d'être remplie d’eau de mer. Arrivée de l’électricité en salle de commande désormais éclairée.

•Réacteur 3 : Le cœur est partiellement endommagé. Injection d’eau douce dans le réacteur au lieu d’eau de mer espérée pour ce soir. La NISA pense que la contamination de l’eau présente au pied du réacteur pourrait venir d’une fuite sur une vanne ou un tuyau menant à l’enceinte de confinement ou au réacteur.

•Réacteurs 4, 5 et 6 : Aucune évolution notable à signaler. Les systèmes automatiques de refroidissement des cœurs et des piscines de combustibles usés ont été rétablis et fonctionnent correctement. Le réacteur 4 ne contient plus de combustible. Les réacteurs 5 et 6 sont à l'arrêt et froids. 

LE POINT

"L’équipe de l’IRSN s’efforce d’évaluer « jusqu’où le corium pourrait descendre"

Thierry Charles, directeur à l’IRSN (spécialiste du cycle du combustible, des questions de criticité etc.), travaillant dans les cellules de crise que l’Institut a mises en place depuis les débuts de la catastrophe, nous a précisé hier que ses équipes travaillaient sur un scénario  particulier – bien sûr tout à fait plausible. « Le cœur du réacteur a fondu ainsi que le fond de la cuve et tout l’ensemble, sous forme de corium [mélange de combustible et de métal fondus] se trouve sur le béton » du bas de l’enceinte. On imagine la situation : cet ensemble très chaud grignote le béton et de fait, l’équipe de l’IRSN s’efforce d’évaluer « jusqu’où le corium pourrait descendre ». 

 

LE SYNDROME "CHINOIS" ET L'EXCURSION DU CORIUM

C'est bien sûr l'hypothèse du pire. Le fait que l'IRSN (voir ci-dessus) étudie cette possibilité n'a évidemment rien de rassurant. 

Les images sont parlantes : la cuve du réacteur est fissurée, le mélange en fusion s'enfonce dans la terre.

Qu'est ce que le CORIUM ?
Reprise de textes, essentiellement Wikipédia. 

Excursion du corium royalty free Natures Paul Keirn
corium simulation etalement
Corium est le néologisme qui désigne le mélange liquide à haute température (de 2500 à 3000°C) composé des matériaux provenant du combustible nucléaire, des gaines qui le contenaient initialement, des aciers constituant les structures du cœur et des produits de décomposition du béton, que ce mélange a rencontré dans sa progression. Le terme « corium » est formé de core (en anglais, pour le cœur d'un réacteur nucléaire), suivi du suffixe ium présent dans le nom de nombreux éléments radioactifs : uranium, plutonium, neptunium, américium, etc.)

 

"Le syndrome chinois est l’hypothèse de la conséquence la plus grave d'une fusion d'un réacteur nucléaire, dans laquelle les éléments combustibles en fusion du cœur ou corium. Le corium ne se forme que lors d'accidents nucléaires tels ceux de Three Mile Island, ou de Tchernobyl." 

"Le corium se forme à très haute température (~ 3 000 °C, température de fusion de l'oxyde d'uranium) et peut donc faire fondre la plupart des matériaux. Il dispose d'une importante puissance résiduelle, c'est-à-dire qu'il continue à émettre de la chaleur, en raison de la désintégration des produits de fission, après arrêt du réacteur. Il est hautement toxique et radioactif en plus d'être extrêmement chaud."

"L'origine de l'expression « syndrome chinois » provient du concept selon lequel le matériel en fusion d'une centrale située en Amérique du Nord pourrait traverser la croûte terrestre, s'enfoncer et progresser jusqu'en Chine".

"C'est en 1971 que le physicien nucléaire Ralph Lapp utilise cette expression pour la première fois, basant sa théorie sur les rapports d'une équipe de physiciens dirigés par le Dr W.K. Ergen, qui sont publiés en 1967."

"Les dangers d'un tel accident furent dépeints dans le film Le Syndrome chinois, réalisé en 1979."

Le danger de la fuite de corium est qu'il touche immédiatement un sous-sol gorgé d'eau, et donc un jet de vapeur radioactif est expulsé comme un geiser, sans que l'on puisse faire grand chose.

A suivre...

 nuage radioactif

 

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Marie 26/03/2011 14:57



Merci pour ce fil d'actualité ! (et le lien) Je vais recommander cette page (et votre blog) à mes amis amoureux de la nature !



Paul Keirn 26/03/2011 17:15



Merci ! Si vous voulez d'autres FILs d'actu, il suffit de m'indiquer les mots de votre choix, dans un domaine précis bien sûr, sinon il y a trop d'infos.