Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Natures Paul Keirn

FUKUSHIMA - 21 mai 2011 - Quoi de neuf N°58 - Dernières nouvelles - NATURE(S)

20 Mai 2011 , Rédigé par Paul Keirn Publié dans #ENVIRONNEMENT MONDIAL

Fukushima-quoi-de-neuf-N-58-in-natures-paul-keirn.jpg FUKUSHIMA - ACTUALITES NUCLEAIRES EN DIRECT - REVUE DE PRESSE - DOCUMENTS

MERCI A TOUS LES LECTEURS... Brussels Liège Enghien Overpelt Monceau-sur-Sambre Vielsalm Gosselies Ayeneux Sint-niklaas Lobbes Verlaine Verviers Bilzen Pâturages Courcelles Mons Sovet Antoing...Geneve Lausanne Rümlang Dübendorf Assens Kilchberg Zürich Vermes Lugano La Chaux-de-Fonds Gland Kirchdorf Fully Neuchâtel Buchs Sion Nyon Nendaz Aadorf Aarau...Canada & Québec Saint-Paul Gaspé Léry Sorel Pierreville Coaticook Sherbrook Noranda Iroquois Montlaurier Gracefield Saint-Jerome Kirkland Montreal Boucherville Barraute Val d'Or Roberval Alma Joliette Gatineau Rimowski ... FAITES-VOUS CONNAITRE ! USA La Jolla Santa Barbara Mountain View palo Alto Charleston... Blida Fez Galway Diourbel Yaoundé Vitebsk Mélita Novosibirsk Séoul Hiroshima Nagoya Yokohama Suwalski Warsaw Cluj Napoca Catanzaro Castolibero ECRIVEZ !...

picto appel news en line fukushima - natures paul keirn EN DIRECT Clic ! Suivi de l'actualité de la catastrophe de FUKUSHIMA en DIRECT (optimisé Firefox, Chrome, Opera)

TonneauDanaidesGFEnvoyées aux enfers, les Danaïdes sont condamnées à remplir un "tonneau" perçé...

 

La lecture des soixante-treize pages du rapport de l'IRSN est de nature à éclairer tous les publics. De ce "point de vue sur la sûreté et la radioprotection du parc électronucléaire français en 2009", dont vous trouverez ci-dessus de larges extraits, invite à un résumé :

- L'IRSN et l'ASN sont parfaitement au courant des faiblesses des centrales nucléaires françaises et les décrivent dans le détail.
- Le niveau de transparence est important (ce qui ne veut pas dire total) et correspond au souci de répondre à la mission qui a été confiée à cet organisme. 

C'est dire que les "stress-tests" n'apporteront sans doute rien au niveau des connaissances des fragilités strcuturelles du nucléaire (la lecture  de ces extraits devrait vous en convaincre). Ils correspondent davantage à une volonté politico-médiatique qu'au souci de découvrir des failles méconnues. 

Les extraits ne mettent pas en avant les améliorations statistiques, mais les difficultés rencontrées et reconnues. Ils invitent à penser que de nombreux incidents sont à prévoir. Et qu'ils n'ont été jusqu'à présent contrôlés que parce qu'ils n'étaient pas souvent en relation avec des causes extérieures aux centrales (crash d'avions, malveillance et/ou terrorisme, irruption d'un chaos sismique ou météorologique, inondation ou sécheresse)

En résumé de cette lecture et en guise de préambule, on peut relever :

- que les incidents (appelés "événements") sont en constante augmentation
- que 85% d'entre eux sont liés à des facteurs humains

L'actualité, c'est le corium qui - très probablement - perce lentement mais surement la dalle de béton située sous le réacteur. Une fois perçée, ce magma à haute température serait alors en contact avec les eaux d'infiltration provoquant une éruption de vapeurs hautement radioactives. C'est le pire des scénarios. Il peut arriver.

Le-corium-atteint-la-nappe-phreatique-saumatre-copie-1.jpg

Faisons le point sur l'actu relevée par les médias :
      

CHALLENGES - 21 mai

Un laboratoire français alarmé par la radioactivité à Fukushima

L'Association pour le contrôle de la radioactivité dans l'Ouest (Acro) a relevé des niveaux de pollution "alarmants" dans "l'environnement terrestre et marin" de la centrale nucléaire japonaise. 

Une association française a tiré vendredi 20 mai la sonnette d'alarme au sujet des niveaux de pollution à Fukushima au Japon. Selon l'Association pour le contrôle de la radioactivité dans l'Ouest (Acro), les niveaux de pollutions dans "l'environnement terrestre et marin" de la centrale nucléaire sont "comparables à ceux que l'on trouve autour de Tchernobyl". "Si l'on calcule la contamination en césium 137 en Bq/m2, toutes les valeurs relevées dans la préfecture de Fukushima sont supérieures à la limite de 185.000 becquerels par mètre carré qui ouvre le droit à la migration en Biélorussie", ajoute ce laboratoire indépendant. 

"Les retombées de Fukushima sont détectables à des niveaux significatifs jusqu'à Kanagawa, située à environ 270 km de la centrale", précise le laboratoire.

http://www.challenges.fr/actualites/monde/20110520.CHA6073/un_laboratoire_francais_alarme_par_la_radioactivite_a_f.html

 

CRI (Chine radio international) - 21 mai

A l'occasion du lancement vendredi d'une étude multidisciplinaire de l'ONU sur les implications de l'accident à la centrale nucléaire japonaise de Fukushima, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a de nouveau souligné que la communauté internationale devait repenser la coordination globale en matière de sûreté et de sécurité nucléaire.

« Alors que le monde commémore le 25e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl, le temps est venue de repenser les enjeux de l'énergie et de la sûreté nucléaire. Tout en reconnaissant que chaque Etat a le droit de définir sa politique nationale en matière d'énergie, notre objectif commun est de renforcer nos accords sur de nombreux problèmes relatifs au développement de l'énergie nucléaire et sa sécurité qui dépassent les frontières nationales », a souligné le porte-parole de Ban Ki- moon dans un communiqué.

L'étude sera préparée pour la rencontre de haut niveau sur la sûreté et la sécurité nucléaire qui se tiendra le 22 septembre prochain pendant la 66e Session de l'Assemblée générale de l'ONU

L'étude de l'ONU doit couvrir différents secteurs, y compris « l'environnement, la santé, la sécurité alimentaire, le développement durable en relation avec la sûreté nucléaire » et « l'amélioration de la préparation aux risques de catastrophes »

http://french.cri.cn/621/2011/05/21/302s244660.htm

 

L'EXPRESS

L'opérateur de la centrale de Fukushima a révélé ce week-end que le coeur des réacteurs 1, 2 et 3 avaient fondu. Pourquoi une si tardive découverte? Quelles conséquences? L'analyse de Roland Desbordes, président de la CRIIRAD.
.../... 

"Entre les 3 ou 6 premières heures qui ont suivi le tremblement de terre et le tsunami, cette forte chaleur a conduit à la déformation des tuyaux qui contenaient les pastilles d'uranium. Celles-ci sont tombées en tas, au fond de la cuve. N'étant plus refroidies par les circuits habituels, ces pastilles, formant un élément hautement radioactif appelé corium, ont fondu puis percé le fond de la cuve [certaines sources parlent aussi d'un probable percement du socle de béton."

.../...

..."il est fort à parier qu'ensuite, les pastilles d'uranium ne soient plus refroidies et qu'on assiste à un percement du fond de la cuve, comme on le voit actuellement.  

Formés de zirconium, ces tuyaux sont utilisés dans 80 à 90% des centrales de la planète. Dans les centrales accidentées, telles que Three Miles Island, et St Laurent-des-eaux, cet élément, fabriqué en France, était aussi utilisé. En comparaison à l'acier, il est clair que le zirconium résiste beaucoup moins à la chaleur. Ainsi, peut-être devra-t-on, lors du bilan de l'accident de Fukushima, réfléchir à d'autres composants pour fabriquer ces tuyaux

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/fukushima-les-japonais-avancent-a-l-aveugle_994563.html?xtor=x

 

LE MONDE

Preuve de cette évolution, sensible mais timide, le porte-parole du gouvernement Yukio Edano s'est engagé à faire "tout son possible pour garantir la transparence de l'information" lors de la visite du 24 mai au 2 juin d'une équipe d'enquêteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Un aveu qui en dit long sur la politique suivie jusque-là.

De même, les annonces de Tepco, selon lesquelles les cuves des réacteurs étaient intactes et le combustible avait partiellement fondu, étaient erronées et surtout bien loin d'une réalité qui confirme la dangerosité persistante d'une situation d'autant plus précaire que la région reste soumise à de violentes répliques sismiques comme celles de magnitudes 5,8 et 4,6, qui ont touché l'est du Japon vendredi 20 mai. Les nouvelles données hypothèquent également l'engagement de Tepco, pris le 17 avril et réaffirmé le 17 mai, de reprendre le contrôle de l'installation d'ici six à neuf mois.

http://www.lemonde.fr/japon/article/2011/05/20/timide-transparence-sur-les-consequences-de-l-accident-de-fukushima_1525067_1492975.html

(Note rédacteur : Pas de "stress-tests', des "évaluations complémentaires". Pas d'incidents, des "événements" : on dira donc "la nature des évaluations complémentaires concernant les événements potentiels" et non "on teste les accidents possibles")

SLATE.FR

En France, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) sont déjà à pied d’œuvre. Pour ne pas dramatiser, les autorités ont commencé par exclure de leur jargon l’expression «stress test» empruntée à la finance. Dans le nucléaire, des vérifications sont régulièrement menées: on parlera donc «d’évaluation complémentaire», formule politiquement plus correcte. «Ce qui serait alarmant, c’est que l’on découvre vraiment quelque chose d’important à l’occasion de cette campagne compte tenu de la surveillance que nous exerçons», commente Martial Jorel, directeur de la Sûreté des réacteurs à l’IRSN.

..."tout incident (on en a compté 713 en 2009, soit 14% de plus qu’en 2008) déclenche une réponse qui doit profiter à la centrale concernée mais aussi à toutes les autres."

.../...

Même avec une surveillance soutenue, la situation n’est jamais totalement satisfaisante. Dans son rapport sur la sûreté du parc électronucléaire français en 2009, 

l’IRSN joue la transparence en relevant, «malgré les efforts de prévention réalisés, une très forte prépondérance du facteur humain (85%) à l’origine des incidents significatifs». Il pointe les défauts en matière de qualité des interventions de maintenance, qui ont représenté près de 30% des évènements significatifs pour la sûreté.  Ce qui pose bien des questions.

http://www.slate.fr/story/38371/stress-test-nucleaire

 

Voici des extraits du rapport en question

LE POINT DE VUE DE L’IRSN SUR LA SURETE ET LA RADIOPROTECTION DU PARC ELECTRONUCLEAIRE FRANÇAIS EN 2009

URL du doc : http://www.irsn.fr/FR/expertise/rapports_expertise/Documents/surete/IRSN_rapport_surete_du_parc_2009.pdf

EXTRAITS .../...

L’année 2009 a montré à nouveau, malgré les efforts de prévention réalisés, une très forte prépondérance du « facteur humain » (85%) à l’origine des incidents significatifs, la plupart sans conséquences notables. La complexification et la constante évolution des installations et des règles d’exploitation, ainsi que les contraintes organisationnelles fortes qui pèsent sur le personnel d’exploitation, notamment lors des chantiers associés aux « arrêts de tranche », sont des facteurs identifiés de contribution aux évènements de sûreté ou de radioprotection survenant dans les centrales nucléaires.

.../...

L’IRSN note en particulier deux tendances qui restent fortes. L’une porte sur les défauts en matière de qualité des interventions de maintenance, dont les causes peuvent être diverses : une préparation insuffisante d'interventions, une réalisation incorrecte ou des contrôles défaillants. L’autre se rapporte aux difficultés d’appropriation des référentiels d’exploitation par les exploitants des centrales, dont l’évolution continue rend complexe la déclinaison dans les documents opératoires. C’est un facteur important de nonconformités aux spécifications techniques d’exploitation, dont le nombre est toujours aussi élevé.

.../...

Malgré de grandes disparités entre les centrales, la majorité des événements significatifs, environ 85 %, ont pour origine une défaillance d’origine organisationnelle ou humaine

.../...

Outre la complexification des règles d’exploitation et les difficultés d’appropriation de ces règles par les acteurs de terrain, un autre facteur important d’aléas réside dans les conditions d’exploitation très contraignantes et tendues qu’imposent les objectifs de productivité du parc, en particulier lors des arrêts de tranche pour maintenance et rechargement, au cours desquels on constate un nombre élevé d’événements significatifs, en augmentation sur certains paliers du parc

.../...

L’IRSN souligne toutefois l’incident survenu à la centrale de Cruas en décembre 2009, où une arrivée massive de végétaux a bloqué l’alimentation en eau d’une des stations de pompage de la centrale, conduisant à la perte totale du circuit de refroidissement des systèmes importants pour la sûreté du réacteur n°4. Cet incident, bien géré par l’exploitant de la centrale, a été classé au niveau 2 de l’échelle internationale INES.

.../...

Le traitement des anomalies génériques s’étend généralement sur

plusieurs années. Certaines d’entre elles, découvertes ou en cours de traitement en 2009, sont présentées dans ce rapport. La détection de fissures circulaires dans la paroi externe des tubes d'un générateur de vapeur du réacteur n°3 de la centrale de Bugey a en particulier fait l’objet de nombreuses investigations et d’une forte mobilisation de l’IRSN du fait de la nouveauté de ce type de défaut. Mis à l’arrêt en mai 2009, le réacteur ne redémarrera qu’à la fin de l’année 2010, après remplacement à titre préventif de ses trois générateurs de vapeur.

.../...

Avec 713 événements, le nombre d’événements significatifs pour la sûreté (ESS) constatés sur le parc de réacteurs durant l’année 2009 est plus important que celui de 2008 d’environ 14 %. Hormis l’année 2008, le nombre annuel d’ESS du parc est en constante augmentation depuis l’année 2005.

.../...

Bien qu’EDF se soit mobilisé pour améliorer la rigueur d’exploitation des centrales et malgré le déploiement de plusieurs plans d’actions nationaux, comme par exemple celui du projet « obtenir un état exemplaire des installations », l’accroissement des aléas et des difficultés d’exploitation se poursuit.

.../...

Comme les années précédentes, la grande majorité des événements (environ 85 %) ont pour origine une ou plusieurs défaillances d’origine humaine ou organisationnelle. Une analyse plus approfondie de ces défaillances montre que :

- 40 %sont des défaillances de premier niveau, autrement dit des défaillances qui concernent les activités des acteurs de première ligne, par exemple des erreurs de geste, des confusions de matériels, de locaux ou de réacteurs, des oublis et des transgressions de règles, volontaires ou non ;

- 35 % sont des défaillances dans le diagnostic de situations ;

- 28 % sont des défaillances dans la rédaction, le contrôle ou la mise à jour de la documentation

opérationnelle ou des défauts dans son utilisation;

- 25 % sont des défaillances liées à l’organisation et aux performances des centrales concernant la

préparation et la planification des activités ;

- 20 % sont des défaillances dans les processus de contrôle au cours et à l’issue d’interventions ;

- 20 % sont des événements qui révèlent des défauts de connaissances des phénomènes physiques, de

l’installation, des matériels ou des référentiels, parfois des défauts de compétences.

.../...

L’exploitant est tenu de déclarer l’apparition de tout écart qui répond à l’un des critères établis par l’Autorité de sûreté nucléaire par l’envoi d’un fax dans les 48 heures suivant sa découverte. Il doit ensuite fournir sous deux mois son analyse de l’événement dans un compte rendu d’événement significatif (CRES).

.../...

ESS (événements significatifs de sureté) pendant les arrêts

les ESS pendant les arrêts représentent environ 45 % du total des ESS.

ESS liés à la maintenance

Ces événements ont représenté en 2009 près de 30 % des ESS survenus sur le parc nucléaire français ; ils sont essentiellement d’origine humaine ou organisationnelle.

.../...

Les domaines de fonctionnement

Le domaine de fonctionnement autorisé comprend plusieurs domaines d’exploitation allant de l’arrêt du réacteur jusqu’au

fonctionnement en puissance. Pour chaque domaine d’exploitation, les spécifications techniques d’exploitation précisent les contraintes et les limites de fonctionnement à respecter pour maintenir l’état du réacteur conforme à la démonstration de sûreté. Il est strictement interdit de sortir volontairement du domaine d’exploitation dans lequel se trouve le réacteur sans respecter les « conditions requises pour changer l’état du réacteur ». En cas de sortie fortuite d’un domaine d’exploitation, l’exploitant doit tout mettre en oeuvre pour revenir à la situation initiale ou à une situation correcte dans les plus brefs délais.

.../...

le nombre d’ESS de sortie de domaine a augmenté de 27 % de 2008 à 2009.

.../...

Par contre, l’IRSN constate une augmentation continue depuis 2005 du nombre d’indisponibilités des groupes électrogènes de secours, passant d’environ cinq en 2005 à presque une trentaine en 2009. Pour une grande part, ces indisponibilités sont liées à des erreurs lors d’interventions de maintenance.

.../...

L’analyse de l’IRSN pour l’année 2009 a montré que près d’un tiers des ESS résultent de l’utilisation d’une

documentation présentant des défauts (procédure erronée, mise à jour non faite ou incomplète, etc).

Depuis plusieurs années, la part des événementsayant pour origine un dysfonctionnement lié à l’utilisation de procédures (en dehors des essais périodiques) est élevée et augmente, passant de moins de 25 % en 2007 à 30 % pour l’année 2009

.../...

Le séisme maximal historiquement vraisemblable (SMHV) est un séisme analogue aux séismes historiquement connus, qu’on postule pouvoir se produire avec une position d’épicentre qui soit la plus pénalisante quant à ses effets sur le site, tout en restant compatible avec les données géologiques et sismiques.

Le séisme majoré de sécurité (SMS) est défini en majorant forfaitairement l’intensité du SMHV d’un degré sur l’échelle MSK (échelle d’intensité macro sismique), c’est-à dire que les accélérations des mouvements sont doublées par rapport à celles du SMHV.

.../...

L’augmentation du nombre des événements significatifs liés à la maintenance, déjà évoquée par l’IRSN dans son rapport public relatif à l’année 2008, s’est poursuivie en 2009. Parmi ces événements, l’IRSN note un nombre élevé d’anomalies affectant des matériels importants pour la sûreté, dont certaines affectent plusieurs réacteurs. Dancertains cas, les matériels concernés ne répondent plus à leurs exigences de qualification, c’est-à-dire qu’ils pourraient ne pas assurer leur mission lors d’un accident.

.../...

Selon l’IRSN, les causes profondes de ces événements sont à rechercher non seulement dans l’organisation des activités de maintenance, en particulier dans une insuffisante maîtrise des activités sous-traitées (lesquelles sont en sensible augmentation), mais également dans des manques de professionnalisme ou de compétence des intervenants. Les choix de politique industrielle faits par EDF entraînent une mutation des pratiques de maintenance des installations. La transition du « faire » au « faire faire » a eu un impact direct à EDF sur les métiers et les compétences associées en matière de maintenance. 

.../...

La maintenance des 58 réacteurs d’EDF fait intervenir 8 000 agents de la Division de la Production Nucléaire , 2 000 agents de la Direction de l’Ingénierie et 17 000 intervenants prestataires relevant d’environ 400 entreprises sous-traitantes (soit environ deux tiers des effectifs qui interviennent pour la maintenance)

.../...

Le graissage, un sujet qui n’est pas nouveau

Des graissages inappropriés, c’est-à-dire l’introduction de mélanges de graisses de références différentes,  l’utilisation de graisses non conformes aux prescriptions du constructeur, l’oubli de graissage de matériels neufs ou d’appoint périodique, sont régulièrement observés par EDF depuis plusieurs années. Un graissage inadapté pourrait affecter des matériels redondants d’un système important pour la sûreté et constitue de ce fait un mode commun de défaillance. Le graissage des matériels qualifiés est donc un sujet sensible

.../...

Dans le cadre des réexamens de sûreté associés aux visites décennales des réacteurs, EDF engage un volume significatif de modifications de ses centrales. Ces modifications peuvent introduire des changements techniques, documentaires ou organisationnels qui ont une influence sur les pratiques d’exploitation.

.../...

Depuis 2005, EDF développe et déploie dans ses unités d’ingénierie une démarche pour supporter la prise en compte des facteurs organisationnels et humains dans la conception des modifications : « la démarche SOH » permet ainsi de considérer les effets socio-organisationnels et humains d’une modification dès la « phase d’instruction stratégique » 

Enjeux, objectifs et motivations

L’enjeu pour EDF est d’assurer les performances escomptées d’une évolution du parc nucléaire existant par une prise en compte correcte des situations de travail susceptibles d’être affectées par cette évolution. Pratiquement, il s’agit de développer des dispositifs faciles à exploiter afin de réduire les possibilités d’erreurs humaines et de permettre l’obtention des résultats attendus.

A ce titre, le déploiement de la « démarche SOH » vise à transformer les pratiques d’ingénierie pour mieux tenir compte des organisations et des personnes dans les évolutions des installations, dès le début des projets de modifications.

.../...

http://www.irsn.fr/FR/expertise/rapports_expertise/Documents/surete/IRSN_rapport_surete_du_parc_2009.pdf

 

 

 

 

 

 


 

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article