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Natures Paul Keirn

Cultiver des morilles ? Une très longue histoire !

5 Mai 2010 , Rédigé par Paul Keirn Publié dans #CHAMPIGNONS

 

  Cultiver les morilles

 

 L'idée de cultiver les morilles n'est pas nouvelle. A force d'associer la présence de morilles à un (ou plusieurs) habitats ou biotopes et donc de préciser les critères qui paraissent être les causes de la présence de leur présence, l'idée vient rapidement de créer de toute pièce un biotope idéal en espérant voir apparaître les précieux champignons. On passe de la cueillette à la culture. Après tout, il y a 10000 ans (et sans doute avant), nos ancêtres firent de même passant de cueilleurs-chasseurs à éleveurs-agriculteurs. C'est toute cette aventure que nous allons tenter de résumer. Pour terminer, la technique de forçage de Volk sera décrite ainsi qu'un scoop : la culture industrielle de la morille est prête ! 

     
   

Si vous avez lu les articles précédents ("Où trouver des morilles-habitats et associations de plantes" et "Où trouver des morilles : là où il y du sucre !"), vous devez sentir comme moi que les témoignages rapportent de précieuses informations, mais sous une forme chaotique. Comme si cinq ou six expériences de base avaient été mélangées et que les témoignages se rapportaient à une seule !

Comme si on recherchait une personne (ici, la morille) mais que cette personne se déguise et qui plus est soit membre d'une fratrie de jumeaux ! C'est une question de méthode : il vaut mieux parler des morilles au pluriel et de biotopes, également au pluriel. Alors, sachant qu'il existe génétiquement 10 variétés de morilles et, disons globalement, une dizaine de biotopes, cela donne une idée de la complexité à résoudre.

Depuis plus de cent cinquante ans des amateurs de champignons se penchent sur la culture de la morille. Comme dans une chasse au trésor, au plaisir de chercher se joint le potentiel de l'immense marché de la morille : plusieurs millards d'Euros ! N'anticipons pas...

L'expérience qui prime en la matière est celle de François Bouvier, Baron d'Yvoire (ou Ivoire), qui relate son expérience dans la Revue des Sciences naturelles Appliquées, en 1889 (l'original n'a pu être retrouvé, il faut se contenter de la manière dont cet article est rapporté par un certain nombre d'internautes) :

« Elle consiste à jeter des morceaux de Morilles fraîches ou sèches de l'année en mai-juin sur la terre meuble, plutôt humide, d'un carré d'artichauts, arrosé durant l'été quatre ou cinq fois avec de l'eau contenant du salpêtre (une poignée par grand arrosoir). En automne, on répand sur le sol autour des pieds d'artichauts un compost haut de 1 cm, fait de marc de pommes ayant servi à faire le cidre mais non fermenté. Huit ou quinze jours après, on recouvre de feuilles sèches (charmes, marronniers ; également hêtres, chênes et frênes); de petites branches sèches empêcheront leur dispersion par le vent. Au début du printemps, on retire les ramilles, on enlève avec beaucoup de précaution les feuilles sèches superficielles en ayant soin de conserver l'humidité. La levée des morilles se produit ensuite. On peut la prolonger par des arrosages d'eau salpêtrée, mais il faut abriter le terrain sous des toiles humides à 20 cm de la terre.(*1 – Nota : les astérisques suivies d'un chiffre ou nombre renvoient à une adresse internet indiquée à la suite du présent article)" Le baron d'Yvoire aurait obtenu 300 morilles sur 10 m² »

On peut noter

- que les spores qui vont ensemencer la terre sont récents, mais ont-ils une durée de vie aussi longue ?
- que le PH (le potentiel hydrogène est une mesure de l'acidité, de neutralité ou du caractère basique) de la terre est modifié (dans le sens « moins acide ») en ajoutant du Nitrate de Potassium ;
- que le marc de pommes contient quantité de sucre ; - que les feuilles couvrant le sol sont partiellement celles d'arbres sous lesquels on trouve des morilles (notamment le frêne).

Autant d'éléments qui vont dans le sens d'une reproduction du biotope connu des morilles. Le seul aspect qui reste (pour moi) sans réponse est la présence d'artichauts (auraient-ils des racines favorisant la symbiose avec la morilles ?).

morille texte de Geslin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Continuons
Le seconde procédure, celle de M. Molliard, en 1904, est la suivante :
Cette fois-ci le document a été retrouvé  (cliquer sur le fac-similé pour être en direct avec la bibliothèque) :

Mycellium et formes conidiennes de la morille-Marin Molliar

« Dans un carré de terreau de 80 cm sur 20 cm de profondeur, on dépose 5 kg de compote de pommes en même temps que du mycélium de Morille. Moillard obtint d'abord une sorte de "moisissure" qui n'était autre que la forme conidienne (ndr ?) de la Morille, dont trois exemplaires apparurent ensuite. Il a observé le même phénomène sur pâte à papier observant également qu'un compost constitué de vieux papiers et du marc de pommes semble être un milieu très favorable à l'apparition des Morilles. »

On retrouve ici le mycéllium, le sucre de la pomme et, nouveauté, le papier. Cela n'est pas sans rappelé la présence de morilles sur les coupes de bois. La présence de cellulose semble importante. Poursuivons...

Revue des Sciences appliquées 1889

 

 

 

 

 

 

 

A cliquer

 

 

 

 

 

 

Philippe C. fait part lui aussi de son expérience :

En regardant un vieux bouquin : « Les champignons dans la nature » de J.Jaccottet ( Delachaux & Nieslé ) , il (l'auteur) cite un article paru dans le Journal d’Agriculture Pratique ( 1872 ) - Extrait de l'ouvrage : « M. G. fait la description d’une couche spéciale….composée de 2/5 de terre prise dans un lieu où avaient crû des morilles, 2/5 de terre enrichie des gadoues de la ville et 1/5 de bois pourri. Ma couche ainsi formée, dit l’auteur, j’y semais des fragments de morilles et, l’an dernier, ma récolte est montée jusqu’à 13.5 kg, sur un espace de 3.5 m² ».

Pas possible ? Toujours suivant ce livre, le marc de pomme se serait montré le meilleur support pour cette sorte de culture. Une note de M. Molliard, lue à l’Académie des sciences, constate qu’il a réussi à donner naissance à des morilles parfaitement constituées en partant de cultures préparées en tubes Pasteur semées sur de la terre additionnée de compote de pomme. Il est constaté que les morilles poussent volontiers sous les pommiers.

Dans mes recherches, j’ai lu que les morilles ont besoin d’une substance sucrée, l’inuline, présente aussi dans la pomme (dans l’armoise aussi, qui se trouve en bord de ruisseaux comme les morilles… ) , besoin aussi de bois en décomposition . La nature du terrain de prédilection est argilo-sabloneux ( le limon des sous-bois en bord de ruisseaux là aussi ) .

Il y à 20 ans que j’essaie de créer un substrat adapté et j’y dépose les morilles trop vieilles ainsi qu’un peu de terre qui les entourent mais, rien…

À l’automne 2006, en passant devant un nouveau fabriquant de jus de fruit sur ma commune, j’ai eu l’idée de lui demander ce qu’il faisait de son marc de pomme, il le jette et ne sait où le verser …il m’en a donc chargé 1.5 T sur mon petit camion…( gratuitement en plus ) .

J’ ai placé des branches ( pins et frênes ) , j’ai versé une couche de 20 à 30 cm de marc de pomme, j’ai recouvert le tout d’une couche de 2 cm de sable de rivière ( ça neutralise les odeurs de fermentation ) , puis une fine couche de terre de jardin de 1 à 2 cm , et pour finir quelques écorces de pin et déchets de bois assez fin. Le 9 mars 2007, ça y est enfin, les morilles sont là…4 et des très grosses, 26 cm de circonférence pour le record !!! Vu que ça commence, j’en profite pour arroser un peu. J’ai laissé les 4 plus grosses mûrir et se décomposer totalement pour bien ensemencer le substrat, j’ai mangé les autres : 4 plats, dans un printemps très sec donc, pas de récolte dans la nature, j’ai pas fait chuter les cours de la morille néanmoins !

Automne 2007 j’ai recommencé, j’ai retiré et mélangé le compost restant replacé les bois, versé un nouveau camion et recouvert avec du sable de rivière et avec l’ancien compost ( pour les spores ) et doublé ma surface de production. Comme je sais que ça marche, j’en ai profité pour arroser légèrement mais plus souvent. Le 16 mars, la 1° est dehors, le 17, j’en compte 12 petites… La lune sera pleine le 21 mars pour ceux qui la prennent en compte…

J’ai déjà préparé mon plus beau coq, j’ai une super bouteille de vin, reste plus qu’a acheter la crème fraîche…"
L'extrait de l'ouvrage confirme les données plus anciennes :

  • - de la terre où ont poussé des morilles, c'est-à-dire de la terre contenant du mycellium ;
    - de la « gadoue des villes », correspond aux nitrates, à la nécessité apparente de rendre le substrat plus basique (alcalin), moins acide
    - le « bois pourri » est de la cellulose. Cela rappelle le processus chimique réversible qui est à la base de tous les végétaux : la chlorophylle transforme l'énergie solaire en glucose ; il faut six molécules de glucose pour faire une molécule d'amidon et six molécules d'amidon pour faire une molécule de cellulose (du bois). Mais la formule est réversible, pas dans l'estomac humain qui ne peut digérer la cellulose, mais bel et bien dans celui des bovins, où l'herbe (cellulose) redevient amidon, puis sucre grâce à la rumination. Et aussi dans la nature où les bactéries digèrent peu à peu la cellulose et rediffusent le glucose. L'expérience de Philippe C confère au sucre du marc de pommes une importance accrue.


La presse canadienne revient assez souvent sur la cueillette des morilles, notamment en raison des incendies qui se propagent dans l'immensité des forêts canadiennes :

 

Ou chercher biotope morilles 00(145)

Deux ans après l'incendie sur la commune du Beausset (Var) - Photo prise dimanche dernier 4 mai 2010 - Pas une
seule morille ! Sans doute fallait-il venir quelques semaines après le traumatisme subi par le sol.

 

http://montoit.cyberpresse.ca/cour-et-jardin/200603/03/01-868718-l039operation-morille.php

"La Presse

C'est un peu ce que laisse miroiter le chercheur J.-André Fortin, expert en mycologie et professeur au département des sciences du bois et des forêts de l'Université de Laval. C'est que si les morilles sont très rares, elles poussent comme... des champignons dans les forêts de conifères qui ont été ravagées par le feu.


Au début de 2005, par exemple, une scientifique de l'Alaska avait lancé un appel afin d'inviter les cueilleurs à profiter de cette manne puisque que l'État avait été frappé par de nombreux incendies de forêt l'année précédente. Pas moins de 60 tonnes métriques de morilles ont finalement été cueillies durant l'été, durant une période de 55 jours. Quand on sait que les morilles séchées se vendent à un prix de détail variant de 130 $ à 200$ les 500 grammes, on comprend que la manne a profité à plusieurs. Ce champignon est d'ailleurs le plus coûteux au monde après la célèbre truffe.


M. Fortin estime que le nord du Québec connaîtra une situation semblable cette année puisque 400 000 hectares de forêt ont brûlé l'été dernier, notamment dans les bassins des rivières La Grande et Eastmain. La récolte pourrait s'échelonner sur six semaines, estime le chercheur. Le hic, c'est de s'assurer de la présence des champignons au moment opportun, d'informer les cueilleurs sur les techniques de cueillette et le séchage des champignons et de planifier la logistique de l'opération.

 

Ou chercher biotope morilles 00(147) 

 

 

Des morilles dans votre cour

Il existe deux espèces de morilles au Québec, la morille blonde (celle dont je vous parlais), très grosse, qui pousse parfois en plein coeur de Montréal, sur les gazons, et la morille conique, plus petite mais plus répandue. La première se montre habituellement jusqu'à mi-juin, la seconde est plus hâtive, mais il arrive que les deux poussent en même temps et aux mêmes endroits.

La morille déteste la compétition et préfère un sol un peu alcalin. Après un incendie dans une forêt de conifères, les conditions deviennent idéales. Le mycélium enfoui en profondeur est toujours bien vivant, le feu a détruit toute la compétition végétale en surface et la cendre a réduit l'acidité du sol. C'est un peu en recréant ces conditions que l'on peut aussi cultiver des morilles chez soi.

D'ailleurs le catalogue postal, Horticlub (www.horticlub.com) vend du mycélium de morille afin d'en faire une culture domestique. Le kit est offert autour de 40$. Il s'agit d'un loisir avant tout puisque les chances de succès sont de l'ordre de 50%, indique Fernand Miron, propriétaire de Champignons laurentiens, la firme abitibienne qui produit le mycélium.


Il faut inoculer le sol quand il est froid, dès le dégel. On procède là où le terrain a été perturbé, lors de l'installation d'une nouvelle pelouse, par exemple. À défaut, on passe le rotoculteur sur la future champignonnière. Si tout se déroule bien, on pourra obtenir des morilles au cours de l'automne suivant ou à partir du prochain printemps, et cela durant plusieurs années si les conditions sont propices. La morille est rustique en zone 2 et le mycélium peut se conserver durant un bon mois au frigo."


Que l'on rende le sol plus alcalin (basique) en l'arrosant avec du salpêtre (nitrate de potassium) ou ajoutant de la « boue des villes (nitrates) » ou allant « dans des ruines où il y a eu des activités humaines (déjections=nitrates) » ou dans les sols modifiés par la cendre résultant d'un incendie revient au même. Cela dit, il ne faut pas oublier que le mycellium doit être présent : il semble que l'alcalinisation soit un déclencheur de la fructification du mycellium d'au moins une espèce de morille, peut-être plusieurs.

Il me semble que l'on pourrait parler de « choc au sucre » et de « choc aux nitrates », déclenchant la fructification. Cela ne signifie pas que les morilles apprécient pareillement les deux. Dans le choc au sucre, le terrain est rendu plus favorable, plus nutritif ; dans le second, il peut s'agir de la réaction à un danger brutal, l'alcalinisation des sols, invitant les morilles à se reproduire vite (peut-être avant la mort du mycellium ou sa mise en danger) en diffusant des spores par l'intermédiaire du champignon que nous ramassons. Ce qui est perçu comme «  favorable » pour le cueilleur de champignons ne l'est peut-être pas pour le mycellium ! Il faudrait savoir si les sols alcalinisés constituent ou non des stations pérennes de morilles. Nous avons vu lors des précédents articles que les morilles pouvaient être divisées en deux groupes : les « stations » de morilles pérennes, celles qui profitent de symbioses avec des plantes voisines diffusant des sucres par accident (blessures) ou par intérêt réciproque (symbiose) ET celles qui profitent de conditions circonstanciées (incendie, bouleversement du sol, apport brutal de sucre), constituant des stations temporaires (deux ou trois ans). Vue la richesse des témoignages, il se peut que certaines espèces soient spécifiquement symbiotiques (toujours en relation avec un végétal associé) et d'autres spécifiquement temporaires (mycellium continuant d'exister mais ne fructifiant plus). On ne pourra pas écarter le cas où certaines espèces symbiotiques fructifient davantage à l'occasion d'un accident biotopique (type incendie).


Un siècle plus tard, et des dizaines de tentatives plus ou moins ratées, c'est Ronald Ower, de San Francisco, qui reprend le flambeau et publie des résultats de qualité en 1982. Cette fois-ci la culture des morilles se fait sous-abri, comme l'explique Thomas Volk, de l'Université du Wisconsin :

« Naturellement, les méthodes qu'il décrit dans son journal étaient assez vagues. (Après tout, si vous aviez découvert quelque chose de si important que cela, vous voulez tous savoir sur elle, mais vous ne voudriez pas qu'ils soient en mesure de le faire aussi!). Ower avait du mal à convaincre une société de champignons établie qu'il avait trouver un procédé qui, amélioré, permettrait à l'entreprise de réaliser des profits. À ce stade, la compagnie Neogen de East Lansing, Michigan, s'est intéressée à son procédé. Neogen est affilié à l'Université du Michigan et à cette époque était déjà titulaire d'un certain nombre de brevets en biotechnologie. Neogen a réussi à convaincre Ower de venir à East Lansing pour développer un procédé commercial de culture des morilles. En avril 1986, U. S. Patent no. 4.594.809 a été délivré. Tragiquement, Ron Ower n'a pas vécu pour voir le brevet délivré, il avait été tué quelques semaines auparavant à San Francisco » (ndr : il est volé et blessé à mort dans un jardin).

morilles pdf 

Thomas Volk, qui rapporte ces faits, est à ce jour (en attendant la suite) celui qui a le plus contribué à la culture des morilles. La contribution publiée en 1991 est exemplaire et apporte de nouveaux éléments de compréhension :

«Comprendre le cycle de vie Morel: La clé de la culture"
par Thomas J. Volk, de l'Université du Wisconsin
« Le rôle de mycélium de morille dans la nature n'est pas encore clair et il est souvent frustrant pour ceux d'entre nous qui sont à la recherche d'un modèle cohérent. C'est précisément ce sentiment de frustration, un manque global de connaissances ainsi que la «mystique» qui entoure les morilles, qui a suscité l'enthousiasme autour de la brevetabilité d'un processus de culture des morilles dans des conditions contrôlées (Etats-Unis : nos brevets. 4.594.809 et 4.757.640).
La plupart des gens posent les mêmes questions : le processus de culture peut-il vraiment fonctionner ? Le processus est-il reproductible et cohérent? Pourquoi les morilles seraient elles plus difficiles à réaliser dans des conditions contrôlées alors que les producteurs de champignons peuvent obtenir des Agaricus (ndr : champignons de Paris)ou des shiitakés en forme d'huitre? Pourquoi en serait-il autrement avec les morilles ? Les réponses à ces questions se trouvent dans une meilleure compréhension du cycle de vie de la morille.»

morilles développement Le schéma ci-contre "est une représentation du cycle de vie de la morille (Volk et Leonard 1990, Volk et Léonard, 1989a). Un simple coup d'œil sur ce schéma révèle une étape du cycle de vie de la morille qui n'est pas présente chez les autres champignons cultivés: le sclérote. Le sclérote de la morille est une structure relativement importante (1mm -5 cm de diamètre), composé de grandes cellules aux cloisons très épaisses qui permettent au champignon de survivre à de mauvaises conditions naturelles, comme l'hiver. Au printemps, les sclérotes ont deux options pour de germination : former un nouveau mycélium ou former un corps de fructification » (ndr : le champignon).
« Malheureusement pour les producteurs potentiels, s'il est très facile d'obtenir des sclérotes qu'ils forment un nouveau mycélium, il est en revanche très difficile de les obliger à déclencher une fructification. Des conditions très particulières de nutrition, d'humidité, de niveau de dioxyde de carbone et de température doivent être réunies pour obtenir la fructification. » morilles sclérotes

 

 

Volk a mis au point une technique de forçage tout à fait astucieuse et qui finalement semble reproduire ce qui peut se passer dans la nature :

.../...«Un truc pour la formation de gros sclérotes est d'inoculer du mycélium sur un substrat pauvre en éléments nutritifs et le contraindre à utiliser ses réserves limitées en éléments nutritifs pour pousser vers un substrat plus riche en éléments nutritifs à proximité de là. Les nouveaux nutriments sont alors stockés dans le mycélium ancien. Les sclérotes se forment dès que le mycellium commencent à stocker les nutriments. Lorsque les sclérotes sont matures, la source des éléments nutritifs est supprimée et le sol est copieusement arrosé, ce qui peut-être simule les pluies de printemps. Après 10-12 jours, de petits primordia apparaissent, et, si les conditions sont correctes, les morilles viennent à échéance en 12-15 jours. Un processus apparemment très simple, mais comme avec tous les champignons, il existe de nombreux points au cours de laquelle le producteur peut faire des erreurs et de perdre toute la récolte. »


Les jardiniers connaissent bien cette approche avec fleurs et fruits : arroser sans cesse donne plus de feuilles et moins de fruits. Stopper brutalement l'arrosage « invite » la plante à se reproduire rapidement et donc à donner fleurs et graines. D'après ce que rapporte Thomas Volk, les champignons se comporteraient de la même manière, le seul moyen d'échapper à un danger est de diffuser des spores et donc de fabriquer leur vecteur, le champignon que nous ramassons...

Malgré de nombreux brevets, les travaux de Volk n'ont semble-t-il pas conduit à la productioon industrielle de morilles (je vais essayer de lui demander où cela en est), sinon nso tables seraient couvertes de morilles de culture. Ce qui n'est pas le cas.

A SUIVRE ...


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horticulteur28 23/03/2011 17:27



Monsieur, 
Je suis jeune producteur de plantes fleuries sous serre et j'aimerais me diversifier dans la culture des champignons car cette production me passionne particulièrement.
Je me suis très largement documenté sur la production de pleurotes sous abri en millieu confiné car j'ai la chance d'avoir une production d'énergie à bas coûts. En effet, je possède un système
biomasse utilisant la paille comme combustible.
La culture de la morille fait rêver tous les amateurs de champignons comme moi et me permettrai de mieux rentabiliser mon projet.
C'est pourquoi j'aimerai savoir qui contacter afin de mener a bien mon projet et s'il était possible avec ma structure de cultiver des morilles. j'ai déja contacté biohainaut, mais je suis resté
sans réponses ! ce projet chinois ainsi que votre blog me redonne espoir, merci


Dans l'attente de votre réponse je vous prie de croire, Monsieur, en l'assurance de ma parfaite considération.



Paul Keirn 23/03/2011 18:40



Bien reçu, je vous réponds au plus vite



savard fabien 27/12/2010 22:32



produire  morilles de production  .,des  morilles ;  une dizaine de biotopes


ne resque la régularité des productions,.


au plaisir


fabien savard québec- canada


région nord du las saint-jean



Paul Keirn 27/12/2010 23:53



Bonjour le Québec ! Je ne suis pas sur d'avoir tout compris. Le production sous serre des morilles est résolue. Reste à savoir quelle saveur elles auront ?!  
A bientot


Paul



bertrand 10/10/2010 09:31



Je suis aussi un adepte de la ceuillette des champignons,mais pour faire l'anti thèse de vos commentaires, la culture de champignons n'intéresse pas que les industriels.


Pour un jardinier voir l'évolution de sa culture de champignon procure aussi un grand plaisir.Cela permet aussi de voir toutes les étapes du cycle de vie des champignons et c'est très intéressant
.


Pour ceux qui veulent s'essayer à la culture, je vous laisse le lien d'un site en France qui vend des spores de champignon et du matériel pour les
cultiver
http://www.champishop.com/


bonne culture à vous


 



Paul Keirn 11/10/2010 07:11



Bonjour ! Je n'ai jamais pensé que seuls les industriels étaient intéressés par la culture des champignons. Bien sûr, bien avant les industriels, les amateurs ! Cela dit, depuis que la Chine a
mis au point la culture de la morille et qu'un terrain va y être consacré en France, il est intéressant de suivre cet événement. J'en reparlerais bien évidemment.  Je laisse le lien
commercial de votre message mais cela n'indique en rien que je partage les vertus médicales affirmées sur votre site. C'est possible, mais comme toujours à vérifier.


Cordialement


Paul



Plantine 09/05/2010 07:06



Un peu comme l'histoire du Kudzu dont j'avais parlé sur mon blog, qui, non content d'être une plante tout ce ce qu'il y a de plus envahissante et indestructible, a perdu toutes ses vertus !


Une preuve s'il en est que l'homme voulant égaler la Nature, ferait bien parfois, de faire preuve d'un peu de modestie.


Ceci dit, est-ce que le goût est la principale préoccupation d'un industriel ? il lui suffira de pouvoir mettre sur ses boites la mention "morilles" pour être satisfait.


Sale temps ici, tout gris et pluvieux... mais la Nature s'en réjouit.


Bon dimanche Paul !



Paul Keirn 09/05/2010 07:28



Bon résumé du profit à court terme. Je vais voir le Kudzu...



Plantine 08/05/2010 22:37



 


Culture des champignons ... mais où est le plaisir, à part pour les industriels ?


Non, vraiment, chercher des champignons sans être assuré d'en trouver est bien plus passionnant et quel plaisir quand on en trouve enfin !


Et puis, l'odeur du sous-bois, du terreau et des champignons pas loin, c'est irremplaçable, sans compter le chant du coucou, et des petits oiseaux.


Une escalope de veau à la crème avec des petites morilles ... que c'est bon !


 



Paul Keirn 08/05/2010 22:45



Oui, en fait les démarches n'ont rien à voir. D'un côté, des profits considérables, de l'autre, le plaisir de la cueillette. Et puis, même si pour la première fois la culture des morilles est
vraiment en bonne voie, il reste la qualité, le goût : un des échecs retentissant d'une expérience antérieure était la très mauvaise qualité gustative des morilles industrielles ! A suivre