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30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 09:26
Que mangeons-nous vraiment ?  FR3 reportage – 29 juin 2015 - J'ai la réponse : la merde des grandes surfaces !

Les consommateurs que nous sommes n'ont pas les moyens de comparer les nutriments contenus dans les tomates des grandes surfaces et celles du producteur bio du coin. Evidemment, on n'est pas idiots et on se doute bien que le bio est meilleur. Mais dans quelle proportion ?
Le savoir est une des satisfactions procurées par le documentaire de France 3, le 29 juin 2015, « Que mangeons-nous vraiment ? » Sous titré « de la terre à l'assiette ». Un documentaire français de 95' réalisé par Linda Bendali et Sophie Le Gall (visionner en fin d'article)


LE DESASTRE DE LA VIANDE INDUSTRIELLE
Je passe sur le poulet de 37 jours destiné aux pays du maghreb et du Golfe persique, qu'un des experts décrit comme étant seulement un peu de soja, un peu de maïs OGM et des plumes autour...Un poulet que les industriels bretons de la volaille-maltraitée ont vendu pendant 20 ans avant de s'effondrer avec l'arrêt de la perfusion des subsides européens et l'émergence de concurrents low cost. On ne pleurera pas sur leur sort. Seulement sur celui des employés, désormais sans emploi.

Que mangeons-nous vraiment ?  FR3 reportage – 29 juin 2015 - J'ai la réponse : la merde des grandes surfaces !

En contrepoint, on découvre avec plaisir les « poulets jaunes des Landes » qui courent dans la forêt. Historiquement l'un des premiers Label rouge. Moins de production mais plus de qualité et des revenus corrects à la clé. Un choix qu'il fallait avoir le courage de faire il y a vingt ans. On apprend avec plaisir que plus de 60% de la consommation de poulet en France se fait sur le Label rouge.

Que mangeons-nous vraiment ?  FR3 reportage – 29 juin 2015 - J'ai la réponse : la merde des grandes surfaces !

Passons également sur le marché de la viande, catastrophique. Des traders rigolards racontent la saga nomadique de la viande : produite en Roumanie, revendue au Canada avant de devenir française. Ou presque. Pauvres abrutis du système, ça les fait rire. Une viande qui finalement vient de n'importe où, produite n'importe comment. Et quand ça ne suffit pas, on l'a vu, la viande de cheval  se transmute en viande de bœuf en prenant place dans l'alimentation gerbatoire « toute préparée ». 

Suivent les producteurs de lait. Ceux qui ont choisi de coincer la tête de leurs vaches dans des barreaux pour qu'elles mangent en continu du soja et du maïs OGM. Résultat : 12 heures de boulot par jour pour 1,50 € de l'heure ! Bravo, continuez, vous êtes sur la bonne voie. Un lait de qualité médiocre racheté au plus bas prix à ceux qu'un des experts du reportage qualifie de « techno-serfs » . Effet collatéral : un suicide de producteur tous les deux jours, en France. 
Le soja de l'Iowa représente 1/3 des dépenses du producteur de lait interviewé. Les banques sans âme, pléonasme évident, spéculent elles aussi sur les matières premières alimentaires. 
 

Que mangeons-nous vraiment ?  FR3 reportage – 29 juin 2015 - J'ai la réponse : la merde des grandes surfaces !

OXFAM, une ong qui lutte contre la pauveté dans le  monde, fait le point sur une promesse de campagne du président Hollande. Alzheimerisée ! 
(Oxfam : https://www.oxfam.org/fr/qui-sommes-nous ). C'est pas bien François, de préférer les banques au reste du monde. Et ça la fout mal pour un socialiste, non ?

En contrepoint, présentation d'un producteur de lait, libéré des achats de soja OGM made in Iowa, en produisant son propre trèfle. Il travaille beaucoup moins et gagne sa vie correctement.

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LES TOMATES SUR...LAINE DE ROCHE ! YA BON
Un petit arrêt sur les tomates produites hors sol sur de la laine de roche, chaque pied recevant une perfusion de nutriments essentiels à sa croissance. Question de la journaliste au producteur : « est-ce bien la même qualité nutritionnelle ? ». « Bien sûr, c'est les mêmes nutriments »  répond l'OS de la tomate à la chaîne. Ben tiens ! On va te croire !

 

MENTEUR ! 3 FOIS MOINS DE NUTRIMENTS DANS LES TOMATES PRODUITES HORS SOL

Les tomates « bio du coin » et les « tomates laine de roche » sont envoyées au laboratoire pour analyse. Trois teneurs sont mesurées : le lycopène (un pigment antioxydant), la vitamine C et les polyphénols (également antioxydants). Résultat des courses : 3 fois moins de lycopène, trois fois moins de vitamine C et trois fois moins de polyphénols dans les tomates laine de roche, imbibées d'on ne sait quoi. 
Dans les grandes surfaces, on nous vend une apparence de tomate, une tomate vide, sans qualité.

Que mangeons-nous vraiment ?  FR3 reportage – 29 juin 2015 - J'ai la réponse : la merde des grandes surfaces !

LAURENT BERGE : RIDICULE
Forts de ces analyses, les journalistes prennent rendez-vous avec Laurent Bergé, Président de l’Association d’Organisations de Producteurs Nationales (sic!) « Tomates et Concombres de France ». 
Même question, même réponse, «oui, oui, autant de nutriments »... Mais cette fois-ci les résultats de l'analyse du labo sont mis sous les yeux et M. Bergé, pris la main dans le sac et qui bredouille quelques imbécillités pour se défausser. Ridicule ! 

Production (industrielle) hors sol et...présentation
Production (industrielle) hors sol et...présentation

Production (industrielle) hors sol et...présentation

ROUGELINE : LA TOMATE INDUSTRIELLE REPACKAGEE MODE PAYSAN

Un petit tour chez Rougeline, 159 producteurs, 58 000 tonnes de tomates par an, une association de producteurs qui donnent dans le packaging look « super-rural », tomates choyées entre bois et paille pour faire vrai. Une manière de répondre – faussement – aux critiques des consommateurs. 
Je ne résiste pas à vous présenter ce qu'on peut lire sur l'un des sites de Rougeline : http://www.fldhebdo.fr/rougeline-le-temps-des-projets-durables-art328682-9.html

«Nous revenons cette année avec un concept revisité : c’est une tomate toujours rose mais côtelée (Ndr – pour faire style Coeur de bœuf) qui s’apparente à d’anciennes variétés et qui sera proposée en colis 3,5 kg »

Et un peu plus loin : «Rougeline travaille avec le CTIFL à la définition d’allégations alimentaires (présence de polyphénols, vitamines C, kilo/calories) concernant la fraise, qui devraient figurer (une ou deux maximum) sur les barquettes. »

Ah oui ! Une ou deux allégations de santé seulement, sinon ça ferait trop, hein ! Les pigeons pourraient ne plus y croire. 
On ne s'étonnera pas des partenariats naissants avec Mac Do et Carrefour, main dans la main pour faire visiter Sodome aux consommateurs.
Ne vous en faites pas : les consommateurs n'y croient plus.  En ce qui me concerne je ne mangerais pas de tomates « concept-qui-s'apparente-à-d'anciennes-variétés ». Merci, sans façon ! Même en rajoutant un peu de terre, de bouse et de brindilles pour faire plus vrai. 
 

Que mangeons-nous vraiment ?  FR3 reportage – 29 juin 2015 - J'ai la réponse : la merde des grandes surfaces !

Pour finir en beauté, en compagnie de Eric Marchand, de l'association des croqueurs de carottes*, Linda Bendali et Sophie Le Gall nous font découvrir la nullité des tomates « hybrides F1 », majoritaires en grandes surfaces : comparées aux tomates normales, les hybrides F1 contiennent de 5 à 12 fois moins des trois nutriments déjà testés (lycopène, vitamine C et polyphénols) ! 


Edifiant ! Merci Linda & Sophie.


L’association des Croqueurs de Carottes s’est constituée au printemps 2005 pour participer à la sauvegarde des anciennes variétés potagères. Elle recense les variétés menacées d’érosion génétique, en assure l’évaluation et la maintenance, inscrit ou réinscrit les variétés les plus méritantes. Elle favorise les échanges de savoir faire et organise des formations à la maintenance entre ses membre et avec ses partenaires. Les membres fondateurs sont : Le Biau Germe, Les Jardins de Ste Marthe Production, Germinance, Graines del Païs et Semailles. Les Croqueurs de Carottes sont  membres du Réseau semences paysannes, qui œuvre pour la préservation de la biodiversité dans les fermes et pour la défense des droits des paysans à sélectionner, multiplier et échanger leurs semences.

Un autre film à voir absolument ?

Je pense à COWSPIRACY

Comme beaucoup je pensais que l'industrie et les transports contribuaient largement au réchauffement climatique par effet de serre. Il existait pourtant une autre dimension dont je n'avais pas clairement conscience : celle de l'industrie de l'élevage. Sa contribution aux émissions de gaz à effet de serre représente 51 % contre 13 % pour les transports. Et cela au niveau mondial...

COWSPIRACY montre en outre que de grandes ONG comme Greepeace refusent de se prononcer sur le sujet. Sans doute n'est-ce pas par hasard ; découvrir que 1100 personnes ont été tuées en Amazonie pour avoir tenté de s'opposer à la déforestation destinée à l'élevage du bétail, prendre conscience que le coût hydrique d'un hamburger est 3500 litres d'eau (soit une douche durant 2 mois), que le coût hydrique de l'élevage du bétail est plus de 300 fois celui de la fracturation hydraulique de l'exploitation du gaz de schiste, COWSPIRACY c'est prendre connaissance de tout cela. C'est aussi découvrir que l'industrie agro-alimentaire ayant trait au bétail produit 51% des gaz à effet de serre : plus que l'ensemble de toutes les voitures actuellement en circulation (Etude des Nations Unis - World watch 2009). Pour ce qui concerne le bétail, il s'agit du méthane, un gaz qui a un impact 25 à 100 fois plus important que le CO2.

VOIR LE FILM

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Publié par Paul Keirn
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